Emmanuel Macron préside ce dimanche à 12h30, sur l'île de la Cité à Paris, la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de cassation. La cérémonie se déroule près de la Cour, en présence des descendants de l'officier juif, de représentants de l'État et d'élus. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire et le petit-fils du capitaine, Charles Dreyfus, 99 ans, l'une des dernières personnes à l'avoir connu, prendront la parole.
Un hommage à la lutte contre l'antisémitisme
Cette journée symbolise la victoire de la justice et de la vérité sur l'arbitraire et le mensonge, ainsi que la lutte contre l'antisémitisme, selon l'Élysée. Instaurée par le président un an avant la fin de son mandat, elle aura lieu chaque année le 12 juillet et rendra hommage aux « dreyfusards », notamment l'écrivain Émile Zola, qui œuvrèrent pour faire reconnaître son innocence. Emmanuel Macron poursuit ainsi un travail mémoriel marqué par six entrées au Panthéon, dont celle de l'historien et résistant Marc Bloch le 23 juin.
Un contexte de résurgence de l'antisémitisme
Les actes antisémites, au nombre de 1 320 en 2025, n'ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années, selon le ministère de l'Intérieur. Dans ce contexte, le président annoncera une « initiative rendant hommage à tous ceux qui se sont inscrits dans le chemin ouvert par les dreyfusards », indique l'Élysée. Le gouvernement a présenté jeudi un projet de loi instaurant une peine d'inéligibilité pour les élus coupables de faits très graves de racisme ou d'antisémitisme. Le Parlement a également élevé Alfred Dreyfus au rang de général de brigade en 2025, grade auquel cet officier brillant aurait pu prétendre si son destin n'avait basculé.
Une statue enfin installée
Une statue représentant le capitaine dans la cour de l'École militaire le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est désormais érigée sur la place de la cérémonie. Commandée par le ministre de la Culture Jack Lang en 1984 à l'artiste Louis Mittelberg, dit Tim, elle devait initialement être dressée à l'École militaire avant de changer de place devant les réticences de l'armée, et d'entamer une longue errance dans Paris. « Au bout de 40 ans elle est enfin installée dans un lieu symboliquement très important. On est ravi, en particulier mon père qui y tenait beaucoup », souligne l'arrière-petit-fils du capitaine, Michel Dreyfus.



