Marine Le Pen et Jordan Bardella étaient réunis le 8 juillet à La Flèche, dans la Sarthe, pour afficher leur solidarité et tenter de laisser derrière eux presque deux années de marathon judiciaire. La veille, Marine Le Pen a échappé en appel à une peine d’inéligibilité qui l’aurait privée d’élection, et annoncé sa candidature à la présidentielle en direct sur TF1, devant 7 millions de téléspectateurs. « Il n’y a plus de scénario dans lequel je ne pourrais pas être candidate », a-t-elle déclaré.
Une condamnation qui pèse sur la campagne
La condamnation pour détournement de fonds publics dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national reste un boulet. Bien que Marine Le Pen ait évité l’inéligibilité, cette affaire pourrait peser sur la campagne du Rassemblement national. Les militants présents à La Flèche ont tenté de célébrer la « renaissance » de leur candidate, mais des sifflets et des casseroles se sont fait entendre, rappelant l’atmosphère qui avait accompagné François Fillon lors de sa campagne.
Un tandem fragilisé
Le ticket formé par Marine Le Pen et Jordan Bardella, ex-prétendant à la candidature, a laissé apparaître des fragilités ces derniers mois. Selon des sources internes au parti, des tensions seraient apparues sur la stratégie de campagne et la répartition des rôles. Jordan Bardella, qui a longtemps été considéré comme un possible successeur, semble aujourd’hui en retrait, tandis que Marine Le Pen tente de reprendre la main.
Un contexte judiciaire toujours menaçant
Le 7 juillet, la cour d’appel a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen mais a réduit la peine, écartant l’inéligibilité immédiate. Cependant, le parquet pourrait se pourvoir en cassation. « Cette décision ne met pas fin aux risques judiciaires », a commenté un avocat spécialisé. La candidate devra donc composer avec cette épée de Damoclès tout au long de la campagne.
Les électeurs mitigés
Dans la Sarthe, ville récemment conquise par le RN, les avis sont partagés. « Je suis venue pour soutenir Marine, mais cette histoire d’assistants me gêne », confie une militante. Un sondage récent indique que 45 % des Français estiment que cette condamnation devrait l’empêcher d’être candidate. Le RN devra donc convaincre au-delà de son socle électoral.



