Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a laissé entendre qu'elle pourrait quitter son poste avant la fin de son mandat en 2027 pour se lancer dans la course à l'Élysée. Dans un entretien accordé au journal italien Corriere della Sera, elle a déclaré : « Je ne peux pas exclure que je quitte mon poste plus tôt » si elle décidait de se présenter à l'élection présidentielle française de 2027.
Une déclaration qui relance les spéculations
Cette déclaration intervient alors que les rumeurs sur une possible candidature de Lagarde à la présidentielle française s'intensifient depuis plusieurs mois. L'ancienne ministre de l'Économie et des Finances sous Nicolas Sarkozy, puis directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) de 2011 à 2019, a toujours entretenu le mystère sur ses ambitions politiques. À 68 ans, elle est régulièrement citée comme une potentielle candidate centriste, capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels.
Un mandat à la BCE qui s'achève en 2027
Christine Lagarde a pris la tête de la BCE en novembre 2019 pour un mandat de huit ans, non renouvelable, qui expire en 2027. Si elle quittait la BCE avant cette date, elle devrait être remplacée par un nouveau président, probablement issu d'un pays de la zone euro. Selon des sources proches de la BCE, un départ anticipé de Lagarde serait inédit dans l'histoire de l'institution, mais juridiquement possible si elle en fait la demande au Conseil des gouverneurs.
Un contexte politique français tendu
L'élection présidentielle de 2027 s'annonce très ouverte, avec l'impossibilité pour Emmanuel Macron de se représenter après deux mandats consécutifs. Les sondages actuels montrent une fragmentation du paysage politique, avec une montée des extrêmes et une forte abstention. Une candidature de Lagarde pourrait séduire les électeurs modérés, mais elle devra faire face à des concurrents de poids, comme Marine Le Pen (Rassemblement national) ou Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre.
Les réactions en France et en Europe
En France, les réactions politiques sont partagées. Certains, comme le député LFI François Ruffin, estiment que « Lagarde incarne le libéralisme économique déconnecté des réalités populaires ». À l'inverse, des figures de la droite modérée voient en elle une candidate crédible pour incarner une alternative pro-européenne. Au niveau européen, la BCE a refusé de commenter, mais des diplomates soulignent que son départ serait « un choc pour la stabilité de l'institution ».



