Un imbroglio politique dans le Biterrois
Alors que les élections présidentielles de 2027 se profilent à l'horizon, un léger couac vient perturber les préparatifs du mouvement Nouvelle Énergie, fondé par le maire de Cannes David Lisnard. Dans l'Hérault, la désignation de Jacques Dandine comme représentant local du mouvement dans le Biterrois a déclenché une réaction immédiate de Robert Ménard, maire de Béziers et proche de Lisnard.
Une nomination qui fait tiquer
Le lundi 6 avril, les référents départementaux de Nouvelle Énergie dans l'Hérault, Philippe Thinès et Philippe Demolin, ont présenté dix représentants locaux pour le mouvement. Parmi eux figurait Jacques Dandine, une personnalité bien connue du paysage politique biterrois. Problème : Dandine a été exclu des Républicains après avoir rejoint la liste du Rassemblement National de Julien Gabarron pour les dernières élections municipales à Béziers.
Cette information n'a pas manqué d'atteindre Robert Ménard, qui a immédiatement contacté David Lisnard par téléphone. Le message était clair : "Un candidat sur la liste RN ne peut être le représentant de Nouvelle Énergie ici", a-t-il déclaré, rappelant au passage que Lisnard l'avait soutenu lors des municipales.
Les explications embarrassées
Interpellé sur cette nomination problématique, Philippe Demolin a reconnu son erreur. "J'ai fait une bêtise", a-t-il admis, précisant que Dandine les aidait effectivement dans le maillage territorial mais que cette collaboration datait d'avant son engagement aux municipales. "Depuis son engagement aux municipales, il ne l'est plus... Mais ça m'a échappé", a-t-il ajouté, visiblement gêné par cet oubli.
De son côté, Jacques Dandine minimise la portée de l'incident. Il confirme son appartenance à Nouvelle Énergie depuis quatre ans et explique avoir bénéficié d'une double appartenance avec Les Républicains jusqu'à récemment. Concernant son rapprochement du RN, il insiste sur le caractère local et non partisan de cette démarche : "Je n'ai pas travaillé pour le RN, ce n'était pas une démarche partisane mais une coalition locale".
Les conséquences et réactions
Malgré ces explications, la confiance semble rompue. Nouvelle Énergie n'a plus de relais officiel dans le Biterrois, même si Dandine reste adhérent du mouvement. Robert Ménard, quant à lui, relativise l'importance de l'affaire : "Mais Dandine est un épiphénomène. Tout cela n'a aucune espèce d'importance, si ce n'est que cela montre la pagaille dans les partis".
Le maire de Béziers précise également ses relations avec David Lisnard : "Nous avons de très bons rapports, mais il fait ce qu'il veut, je ne suis pas membre de son parti... Ce sont les gens qui m'intéressent, pas les partis". Il écarte catégoriquement toute idée de rapprochement politique entre eux, affirmant vouloir conserver sa liberté d'action.
Un contexte national tendu
Cet incident survient à un moment crucial pour David Lisnard et son mouvement Nouvelle Énergie. Après avoir acté sa rupture avec Les Républicains, le maire de Cannes prépare activement le terrain pour la présidentielle de 2027, tant sur la scène nationale qu'en région. Dans l'Hérault, il peut compter sur les Montpelliérains Philippe Thinès et Philippe Demolin pour porter ses idées, mais l'affaire Dandine montre les difficultés du maillage territorial.
Cette petite tempête politique illustre les tensions et les recompositions en cours à droite, alors que les différentes formations préparent déjà les prochaines échéances électorales. Elle révèle également la complexité des relations personnelles et partisanes dans un paysage politique de plus en plus fragmenté.



