Nouvelle mobilisation pour un plan d’urgence dans l’éducation en Seine-Saint-Denis avant une audience au ministère
L’intersyndicale appelle à la grève dans les établissements scolaires du département ce jeudi, à deux semaines d’un rendez-vous rue de Grenelle. Une manifestation est également prévue à Bobigny.
De Bagnolet à Aubervilliers en passant par Saint-Denis - Pierrefitte, de nombreux rassemblements sont prévus ce jeudi matin pour soutenir une nouvelle fois la mise en place d’un plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis et protester contre les « 275 fermetures de classes » — un chiffre avancé par les syndicats — annoncées dans le premier degré à la rentrée prochaine.
L’intersyndicale (CGT Educ’Action 93, CNT Éducation 93, FSU 93 et Sud Éducation 93) appelle à la grève pour cette journée qui sera également marquée par une manifestation plus large en début d’après-midi à Bobigny. Celle-ci se tiendra entre les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) et ceux de la préfecture, avec le soutien de l’association de parents d’élèves FCPE 93.
« C’est notre quatrième mobilisation en 2026, rappelle Louise Paternoster, cosecrétaire départementale de la CGT Educ’Action 93. L’objectif est de montrer la force de notre mouvement pour peser un maximum à notre audience du 3 juin au ministère. »
Une mobilisation très forte à Aubervilliers
Selon les syndicats, l’intersyndicale sera reçue ce jour-là par le directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale. En juin 2024, les négociations avec la rue de Grenelle avaient été percutées par la dissolution de l’Assemblée nationale. Depuis elles sont restées au point mort, mais la mobilisation de la communauté éducative perdure.
« Cette année, elle est notamment portée par Aubervilliers, souligne Louise Paternoster. En 2015, celle de Saint-Denis avait permis d’obtenir des postes. » Cette semaine, des parents d’Aubervilliers ont occupé au moins quatre écoles pour protester contre les fermetures de classe annoncées dans la commune, dont tous les établissements du premier degré appartiennent à des réseaux d’éducation prioritaire.
La section locale de la FCPE a diffusé en masse un QR Code permettant aux parents d’envoyer un mail pour interpeller les autorités académiques sur la question. « Déjà 600 parents l’ont fait, relate Nicolas Jounin, le président de l’Union de coordination locale de la FCPE. Mais personne ne nous a répondu. Face à ce silence, on a décidé de passer à la vitesse supérieure en occupant des écoles. »
« Nous avons demandé à la DSDEN de nous envoyer ses projections d’effectifs établissement par établissement, poursuit-il, mais elle refuse. On ne comprend pas ses chiffres, il y a des décisions ahurissantes. À Jules-Guesde par exemple, ils doivent fermer deux classes alors qu’on attend cinq élèves en plus. Dans beaucoup d’écoles, on va avoir des effectifs au-dessus des repères attendus (NDLR : le nombre d’élèves par classe) dans l’éducation prioritaire. On a des classes qui étaient censées être dédoublées qui sont désormais à 17 écoliers. »
50 postes à la rentrée pour les remplacements
« Après notre dernière mobilisation, certaines fermetures de classes ont été annulées, mais ce n’est pas suffisant, estime Tony Tremblay, cosecrétaire départemental du Snes-FSU 93. C’est aussi pour ça qu’on se remobilise à nouveau. »
Dans un communiqué, l’intersyndicale réclame notamment une « dotation dans le premier et second degré répondant aux revendications du plan d’urgence 93 ». Pour rappel, ce dernier prévoyait notamment la création de 5 200 postes d’enseignants. Les syndicats revendiquent également la « création de postes d’infirmières, de psychologues, d’assistantes sociales et d’AESH (NDLR : accompagnants d’élèves en situation de handicap) ».
Ces revendications sont notamment portées par les parents. « À Gagny, la classe de CE1 de mon fils n’a eu que 5 jours de cours depuis le 26 mars, déplore une maman. Leur maîtresse n’a jamais été remplacée. On se sent terriblement démuni. »
Dans le second degré, au collège Descartes à Tremblay-en-France, les parents se sont mobilisés ce mercredi pour réclamer des moyens supplémentaires pour l’établissement. Dans une pétition mise en ligne sur le site change.org, ils estiment que « le climat scolaire se dégrade de jour en jour depuis la rentrée 2026 à cause des classes surchargées et du manque de personnels ».
En avril, dans notre journal, la directrice des services départementaux de l’Éducation nationale (Dasen) affirmait qu’elle aurait pu rendre « 200 postes sans toucher aux repères départementaux » si elle avait suivi purement et simplement les évolutions de la croissance démographique. Sandrine Lair soulignait notamment qu’elle travaillait sur la question brûlante des remplacements. La DSDEN y consacrera ainsi 50 postes à la rentrée.



