Dans un entretien accordé au Point, l'ancien premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a dressé un portrait sans concession de la maire de la capitale, Anne Hidalgo. Il l'accuse notamment de "supporter mal la contradiction" et de gérer la ville de manière autoritaire.
Des critiques acerbes sur la gestion municipale
Emmanuel Grégoire, qui a été le bras droit d'Anne Hidalgo pendant plusieurs années, a expliqué que la maire de Paris avait tendance à "ne pas accepter les avis divergents". Selon lui, cette attitude a conduit à une "détérioration du dialogue" au sein de l'équipe municipale. Il a également pointé du doigt une "gestion trop verticale" des dossiers, notamment sur les questions de mobilité et d'environnement.
L'ancien premier adjoint a cité l'exemple de la piétonnisation des quais de Seine, un projet emblématique de la mandature, mais qui a été "imposé sans concertation suffisante" avec les Parisiens et les commerçants. "Anne Hidalgo supporte mal la contradiction, et cela a des conséquences sur la qualité de la démocratie locale", a-t-il affirmé.
Une rupture consommée
Emmanuel Grégoire a quitté ses fonctions de premier adjoint en 2024, après une série de désaccords avec Anne Hidalgo. Il a depuis rejoint le groupe d'opposition "Paris en commun" et se prépare à briguer la mairie de Paris en 2026. "Je ne pouvais plus rester dans une équipe où la parole n'était pas libre", a-t-il expliqué.
Cette sortie médiatique intervient alors que la maire de Paris fait face à des critiques croissantes, y compris de la part de ses anciens alliés. Plusieurs cadres de la majorité municipale ont récemment exprimé leur mécontentement face à la méthode de gouvernance d'Anne Hidalgo, jugée "trop personnelle" et "éloignée des préoccupations des Parisiens".
Une réponse de l'entourage de la maire
Interrogé par Le Point, l'entourage d'Anne Hidalgo a réagi aux déclarations d'Emmanuel Grégoire. "Emmanuel Grégoire a été un collaborateur loyal pendant des années, mais ses propos sont aujourd'hui dictés par une ambition personnelle", a-t-on déclaré. "La maire de Paris a toujours su écouter et prendre en compte les avis, mais elle assume ses choix dans l'intérêt des Parisiens."
Les proches d'Anne Hidalgo rappellent que la piétonnisation des quais de Seine a été largement saluée par les habitants et les touristes, et que la ville de Paris continue d'être un modèle en matière de transition écologique. "Les critiques d'Emmanuel Grégoire ne reflètent pas la réalité du travail accompli", a-t-on ajouté.
Un avenir politique incertain
Emmanuel Grégoire, qui a été député de Paris de 2017 à 2022, compte bien jouer un rôle clé dans la prochaine élection municipale. Il a déjà commencé à sillonner les arrondissements de la capitale pour rencontrer les habitants et préparer son programme. "Je veux redonner la parole aux Parisiens et construire un projet collectif, loin des méthodes autoritaires d'Anne Hidalgo", a-t-il déclaré.
De son côté, Anne Hidalgo n'a pas encore annoncé si elle briguera un troisième mandat en 2026. Les sondages la donnent en difficulté, avec une cote de popularité en baisse constante depuis 2020. La sortie d'Emmanuel Grégoire pourrait fragiliser davantage sa position, alors que la campagne municipale s'annonce déjà très disputée.



