Glucksmann exige des garanties du PS pour participer à la primaire
Glucksmann exige des garanties du PS pour la primaire

Raphaël Glucksmann, tête de liste aux européennes de 2019 pour Place Publique et allié du Parti socialiste, a posé ses conditions pour participer à la désignation du candidat unique de la gauche à la présidentielle de 2027. Dans un entretien au Monde publié ce dimanche, il réclame des garanties écrites du PS sur le fond et la méthode, faute de quoi il se présentera sans passer par une primaire.

Un appel à un pacte de clarification

Glucksmann propose un « pacte de clarification » qui lierait les participants à la primaire. Il exige que chaque candidat s'engage à respecter le résultat du vote et à ne pas faire cavalier seul en cas de défaite. « Je ne veux pas d'une primaire où les perdants continuent leur route, comme en 2022 », a-t-il déclaré, faisant référence à la candidature de Christiane Taubira après la primaire populaire.

Le député européen demande également un accord programmatique minimal sur plusieurs sujets : la réforme des retraites, l'Europe, la laïcité et la sécurité. « Il faut un socle commun clair, pas un catalogue de bonnes intentions », insiste-t-il. Selon lui, le PS doit « sortir de l'ambiguïté » sur ces questions.

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La menace d'une candidature autonome

Si le PS ne donne pas suite à ses exigences d'ici la fin de l'été, Glucksmann n'exclut pas de se présenter sans l'investiture socialiste. « Je ne serai pas le supplétif de quelqu'un d'autre. Je suis prêt à porter un projet social-écologiste avec ou sans le PS », a-t-il averti. Cette menace intervient alors que le PS, affaibli après les législatives de 2024, cherche à reconstruire une unité.

Glucksmann, crédité de 8 à 10 % dans les sondages, est considéré comme un potentiel rassembleur au centre gauche. Cependant, ses conditions pourraient compliquer les négociations avec les autres partis de gauche, notamment La France insoumise, avec qui il entretient des relations conflictuelles.

Une primaire sous tension

La primaire de la gauche, prévue pour fin 2026, vise à éviter la dispersion des voix comme en 2022, où plusieurs candidats de gauche se sont présentés au premier tour. Outre Glucksmann, les candidats potentiels incluent Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (EELV) et Fabien Roussel (PCF). Jean-Luc Mélenchon, bien que non déclaré, pourrait également être candidat.

Un cadre du PS a réagi anonymement : « Les conditions de Glucksmann sont légitimes, mais elles ne doivent pas être un ultimatum. Nous avons besoin de toutes les forces pour gagner. » De son côté, un proche de Faure a estimé que « l'unité se construit dans le dialogue, pas dans les menaces ».

La question des retraites reste un point de friction majeur. Glucksmann défend un retour à 62 ans, tandis que le PS propose un départ à 60 ans pour les carrières longues. Sur l'Europe, il prône une « Europe qui protège », là où LFI critique le traité de Lisbonne.

Un calendrier serré

Les discussions doivent s'accélérer après l'été. Un meeting de la gauche est prévu en septembre à Marseille pour tenter de trouver un terrain d'entente. Glucksmann a prévenu : « Je ne signerai pas un chèque en blanc. Le PS doit choisir entre la clarté et l'ambiguïté. »

Selon un sondage Ifop de juin 2026, 62 % des électeurs de gauche souhaitent un candidat unique. Mais les divisions internes pourraient compromettre cet objectif. « Si la primaire échoue, ce sera une catastrophe pour la gauche », a commenté un analyste politique.

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