Gauche: qui sont les candidats à neuf mois de la présidentielle
Gauche: les candidats à neuf mois de la présidentielle

À neuf mois du premier tour de l'élection présidentielle, la gauche française est plus que jamais fragmentée. Alors que la droite semble s'être rangée derrière la candidature d'Emmanuel Macron, les forces de gauche peinent à trouver une dynamique commune. Plusieurs figures se sont déjà déclarées ou sont pressenties, mais aucune ne parvient à s'imposer comme la candidate ou le candidat naturel.

Les candidats déclarés et pressentis

Parmi les candidats déjà officiellement en lice, on trouve le socialiste Arnaud Montebourg, qui a annoncé sa candidature en septembre 2021. Il prône une « République des citoyens » et un projet de rupture avec le libéralisme. De son côté, le communiste Fabien Roussel a également officialisé sa candidature, misant sur un discours social et populaire. L'écologiste Yannick Jadot, vainqueur de la primaire des Verts, mène une campagne centrée sur l'urgence climatique.

D'autres candidatures sont attendues, notamment celle de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, qui devrait se lancer officiellement dans les prochaines semaines. L'ancien ministre de l'Économie, Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste en 2017, pourrait également tenter sa chance, bien que son mouvement Génération.s soit affaibli.

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L'épineuse question de l'union

L'incapacité de la gauche à s'unir derrière une candidature unique est un problème récurrent. En 2017, la dispersion des voix avait conduit à l'élimination de tous les candidats de gauche au premier tour, à l'exception de Jean-Luc Mélenchon, arrivé quatrième avec 19,6 % des suffrages. Cette fois encore, les divisions risquent de profiter au président sortant ou à l'extrême droite.

Plusieurs tentatives d'union ont échoué. La primaire populaire, initiative citoyenne visant à désigner un candidat commun, n'a pas réussi à rassembler toutes les forces politiques. Les partis de gauche peinent à s'accorder sur un programme commun, notamment sur des sujets comme la laïcité, l'Europe ou la politique économique.

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche publié en juillet 2021, Jean-Luc Mélenchon recueillerait 11 % des intentions de vote, suivi de Yannick Jadot avec 8 %, Arnaud Montebourg avec 5 %, et Fabien Roussel avec 3 %. Aucun de ces scores ne permettrait d'accéder au second tour.

Les enjeux pour la gauche

Pour les candidats de gauche, l'enjeu est double : d'une part, parvenir à exister dans un débat public dominé par les questions sécuritaires et identitaires, et d'autre part, convaincre un électorat populaire qui s'est en partie tourné vers le Rassemblement national ou l'abstention. La gauche doit également faire face à la défiance d'une partie de son électorat, déçu par le quinquennat de François Hollande.

Arnaud Montebourg a proposé la tenue d'une primaire ouverte à tous les électeurs de gauche, mais cette idée n'a pas été retenue par les autres candidats. Yannick Jadot a pour sa part appelé à un « rassemblement des écologistes et des forces de progrès », sans parvenir à convaincre les socialistes et les insoumis.

« La gauche n'a pas besoin d'un candidat, mais d'un projet commun capable de rassembler les Français autour de la justice sociale et de la transition écologique », a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Paris en octobre 2021.

Les perspectives à neuf mois du scrutin

Alors que la campagne présidentielle s'annonce serrée, la gauche semble condamnée à l'éparpillement. Les différences programmatiques et stratégiques entre les candidats sont profondes. Certains misent sur une ligne radicale, d'autres sur une approche plus modérée. L'absence de leader charismatique capable de fédérer est également un handicap.

Pourtant, des voix s'élèvent pour appeler à un sursaut. « Si la gauche ne s'unit pas, elle condamne la France à cinq années supplémentaires de politique libérale et autoritaire », a averti le député insoumis Adrien Quatennens. Mais jusqu'à présent, les appels à l'union sont restés lettre morte.

À neuf mois de l'élection, la gauche n'a jamais semblé aussi divisée. Les candidats continuent de faire campagne chacun de leur côté, espérant créer la surprise. Mais sans unité, leurs chances d'accéder au second tour paraissent infimes.

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