Le gouvernement hongrois a annoncé l'ouverture d'une enquête concernant un troupeau de zèbres appartenant à un proche du Premier ministre Viktor Orban. Les autorités soupçonnent une importation illégale d'animaux protégés depuis l'Afrique du Sud, selon un communiqué du ministère de l'Agriculture publié vendredi 24 juillet.
Un troupeau de zèbres dans le sud de la Hongrie
Le troupeau, comptant une trentaine de zèbres, est détenu par Lajos Simicska, un ancien allié d'Orban devenu son rival. Les animaux se trouvent dans un domaine privé près de la ville de Kecskemét, à environ 80 kilomètres au sud de Budapest. Selon le ministère, les zèbres ont été importés sans les permis nécessaires requis par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES).
L'enquête a été ouverte après un signalement de l'organisation de protection animale VÉDA, qui a alerté les autorités sur l'origine douteuse des animaux. « Nous avons des preuves que ces zèbres ont été capturés dans la nature en Afrique du Sud et transportés illégalement en Hongrie », a déclaré Gábor Szabó, porte-parole de VÉDA.
Simicska nie les accusations
Lajos Simicska a fermement nié les accusations, affirmant que les zèbres proviennent d'un élevage légal en Afrique du Sud et que tous les documents nécessaires ont été fournis. « Il s'agit d'une attaque politique orchestrée par le gouvernement Orban pour me discréditer », a-t-il déclaré dans un communiqué. Simicska, autrefois un proche allié d'Orban, est devenu un critique virulent du gouvernement après une brouille en 2015.
Le ministère de l'Agriculture a indiqué que les zèbres ont été placés sous séquestre provisoire en attendant les résultats de l'enquête. Si les soupçons se confirment, Simicska risque une amende pouvant aller jusqu'à 100 millions de forints (environ 280 000 euros) et une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans.
Un précédent controversé
Cette affaire n'est pas la première impliquant des animaux exotiques en Hongrie. En 2022, un élevage de tigres dans le nord du pays avait déjà suscité des inquiétudes quant au respect des réglementations internationales. « La Hongrie doit renforcer ses contrôles aux frontières pour empêcher le trafic d'espèces protégées », a commenté Márta Kovács, directrice de l'ONG Fauna et Flora International en Hongrie.
L'Union européenne a également réagi, rappelant que les États membres doivent appliquer strictement la réglementation CITES. « Nous suivons cette affaire de près et nous nous tenons prêts à apporter notre soutien aux autorités hongroises », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.
L'enquête devrait durer plusieurs semaines. En attendant, les zèbres restent sous la garde des autorités, tandis que le gouvernement Orban tente de gérer une affaire qui mêle politique et protection animale.



