Sénatoriales dans le Gard : Denis Bouad investi par le PS, les militants avaient choisi Pissas
Gard : Denis Bouad investi par le PS, militants préféraient Pissas

Le feuilleton de l'investiture socialiste pour les élections sénatoriales dans le Gard a connu son dénouement. Réuni le 20 juillet, le bureau national du Parti socialiste a choisi le sénateur sortant Denis Bouad comme candidat pour le scrutin du 27 septembre. Cette décision intervient alors que le vote des militants, organisé en amont, avait placé Alexandre Pissas, maire de Tresques, en tête avec 127 voix, devant Denis Bouad (106 voix) et Joseph Pronesti (48 voix).

Un vote militant controversé

La consultation des militants a révélé un déséquilibre : 90 des 127 voix obtenues par Alexandre Pissas provenaient de la seule section de Bagnols. Cette surreprésentation a-t-elle influencé la décision du bureau national ? Un cadre du PS gardois, sous couvert d'anonymat, explique : « Les statuts prévoient une consultation des militants, mais pour la désignation à un mandat national, c'est le conseil national qui est souverain. Il y a peut-être une ambiguïté dans les statuts. »

Pierre Jaumain, premier secrétaire du PS gardois, a sobrement salué dans un communiqué « le travail de toutes celles et de tous ceux qui se sont mobilisés avec humilité et détermination, en particulier tous les militants gardois du PS et notamment celles et ceux qui se sont portés candidats à cette investiture. »

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Les raisons de la candidature de Denis Bouad

Denis Bouad, sénateur sortant, affirme que sa désignation n'est « pas une surprise ». Il rappelle la chronologie : « Il faut remettre l'église au milieu du village ! Si le sortant ne se représentait pas, il aurait fallu désigner une femme... aucune n'était candidate. » Selon lui, ce sont les présidentes de la Région et du Département qui ont insisté pour qu'il se représente, afin d'« éviter un boulevard au Rassemblement national ».

L'hésitation de Denis Bouad à se représenter, officialisée fin mai, avait ouvert la voie à d'autres candidatures masculines : Fabrice Verdier, président de la communauté de communes Pays d'Uzès, Alexandre Pissas et Joseph Pronesti. « Si Denis Bouad n'avait pas hésité, il aurait été mécaniquement reconduit », avance-t-on au PS.

Une campagne qui s'annonce

Denis Bouad annonce que « les choses sérieuses commencent, la campagne est lancée ». Sa liste devrait être présentée avant la fin de la semaine. La numéro 2 est déjà connue : Cathy Chaulet, maire communiste de Saint-Privat-de-Champclos et vice-présidente du Département chargée de l'agriculture et de l'alimentation. « Le PC a gagné la ville de Nîmes, il est normal qu'il soit en bonne place sur une liste de gauche unie », justifie Denis Bouad.

Il défend sa légitimité en rappelant les chiffres : « Il y a 400 militants PS dans le Gard, presque 100 d'une même section ont voté pour le même candidat et je n'ai que 20 voix de moins que Pissas... » Selon lui, puisqu'il se représentait, il n'aurait pas dû y avoir de vote des militants.

Un précédent en 2020

Ce n'est pas la première fois qu'Alexandre Pissas est désigné par le vote des militants mais pas retenu par le national. En 2020, il avait maintenu sa candidature jusqu'au bout. Cette année, le premier secrétaire fédéral glisse : « Je ne pense pas qu'il tentera une aventure personnelle. Il nous a dit en conseil fédéral qu'il ne se présenterait pas s'il n'était pas choisi. » Contacté par Midi Libre, Alexandre Pissas n'a pas répondu à nos appels. En juin, il déclarait : « Le vote doit être respecté. Tout ça est préjudiciable pour le PS. Denis Bouad ou Alexandre Pissas choisi, cela laissera des traces. »

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