La nomination de François-Noël Buffet, sénateur Les Républicains, au poste de Défenseur des droits a été officialisée ce mercredi par décret présidentiel. Cette décision, prise en Conseil des ministres, suscite immédiatement des remous dans le paysage associatif et syndical. Plusieurs organisations, dont la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Syndicat de la magistrature, ont exprimé leur opposition, estimant que le profil de l'élu est trop marqué politiquement pour occuper cette fonction indépendante.
Un profil politique critiqué
François-Noël Buffet, 64 ans, est une figure de la droite républicaine. Il a été ministre de l'Outre-mer sous le gouvernement d'Édouard Philippe en 2020-2021, et occupe depuis 2011 la présidence de la commission des lois du Sénat. Ses détracteurs lui reprochent un manque d'indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif, essentielle pour un Défenseur des droits. « C'est un choix purement politique, qui ne correspond pas à l'esprit de cette institution », a déclaré le président de la LDH, Malik Salemkour, dans un communiqué.
Le Syndicat de la magistrature, de son côté, a dénoncé une « nomination partisane » et a appelé à la vigilance sur les futures actions du nouveau Défenseur. Dans un tweet, l'organisation a rappelé que le poste exige « une impartialité totale ».
Un processus de sélection contesté
La procédure de nomination a également été mise en cause. La commission des lois du Sénat, présidée par Buffet jusqu'à sa nomination, a validé son profil par 30 voix contre 16. Mais pour ses opposants, cette validation n'a pas suffi à dissiper les soupçons de conflit d'intérêts. « Il est difficile d'imaginer que quelqu'un qui a présidé la commission des lois pendant des années puisse soudainement incarner une autorité indépendante », a estimé une source proche du dossier.
Le gouvernement, par la voix de la porte-parole Olivia Grégoire, a défendu le choix en soulignant « l'expérience et la compétence » de François-Noël Buffet. « Il a toutes les qualités pour exercer cette fonction avec rigueur et indépendance », a-t-elle affirmé lors du compte rendu du Conseil des ministres.
Réactions politiques
À gauche, les critiques fusent. Le député La France insoumise Éric Coquerel a qualifié cette nomination de « provocation », tandis que le Parti socialiste a dénoncé « une mainmise de l'exécutif sur une institution censée protéger les citoyens ». À droite, en revanche, la nomination est saluée. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a félicité son ancien collègue, louant « un homme de dialogue et de conviction ».
François-Noël Buffet prendra ses fonctions le 1er mars prochain, pour un mandat de six ans non renouvelable. Il succède à Claire Hédon, dont le mandat a été marqué par des rapports très critiques sur les conditions de détention et les violences policières. Les associations redoutent désormais un infléchissement de la ligne défendue par l'institution.



