Franchises médicales : le gouvernement renonce à les doubler mais prévoit une hausse
Franchises médicales : renoncement au doublement, hausse prévue

Le gouvernement a renoncé à doubler le plafond des franchises médicales, qui devait passer de 100 à 200 euros, mais ne l'a pas totalement abandonné. Une hausse, moins ambitieuse, est prévue, a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist dans un entretien au Figaro paru jeudi 20 août au soir. « Le doublement annoncé n'a pas été compris », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Nous avons décidé de faire évoluer notre proposition. »

Une mesure initialement prévue pour faire des économies

Fin juillet, Stéphanie Rist avait annoncé que le gouvernement comptait doubler de 100 à 200 euros le plafond des franchises médicales, soit le montant maximum que les assurés sociaux peuvent être amenés à payer chaque année sur les médicaments, les consultations médicales, les transports liés aux soins et les actes paramédicaux. Cette mesure devait constituer une source d'économies pour l'exécutif, dans un contexte où il cherche à réduire les dépenses en vue des budgets de l'État et de la Sécurité sociale pour l'année prochaine.

Déjà envisagée en 2025 sous le gouvernement de François Bayrou avant d'être rejetée, la mesure avait été relancée cet été sous celui de Sébastien Lecornu. Stéphanie Rist l'avait présentée en juillet comme une nécessité face aux besoins de financement du système de soins.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une levée de boucliers des associations et des soignants

L'annonce a suscité une vive opposition des associations de patients. Leur principale fédération, France Assos Santé, avait dénoncé dans un communiqué « une erreur monumentale » qui allait « culpabiliser » les personnes vulnérables et atteintes de multiples pathologies, donc susceptibles de recourir à un grand nombre de soins. Plusieurs syndicats de soignants ont également critiqué le choix du gouvernement, à l'instar des médecins généralistes de MG France, pour qui le doublement des franchises allait peser sur les patients en affection longue durée (ALD), soit « les plus malades ».

Une hausse indexée sur l'inflation depuis 2005

Stéphanie Rist a justifié ce recul en soulignant que « le plafond existe depuis 2005 et n'a jamais été revalorisé, alors que l'inflation a profondément modifié les niveaux de vie et les coûts ». Selon elle, « par rapport à l'évolution du coût de la vie, ce plafond a même en réalité baissé ». Le gouvernement devrait donc se contenter d'une hausse bien moins ambitieuse que prévu, fondée sur une indexation à l'inflation depuis 2005. Interrogé par l'Agence France-Presse (AFP), le ministère de la Santé n'a pas précisé l'ampleur de cette hausse. Selon l'Insee, les prix à la consommation – hors tabac et alcool – ont augmenté d'un peu plus d'un tiers entre 2005 et 2025.

Lecornu dément d'autres pistes d'économies

L'annonce de ce recul coïncide avec le démenti public par Sébastien Lecornu d'autres pistes d'économies évoquées ces dernières semaines par la presse. « Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d'impôt pour les services à la personne, hausse de l'impôt sur le revenu… Tout cela est faux ! », a-t-il assuré sur X. Dans son entretien au Figaro, Stéphanie Rist a également exprimé sa frilosité face à l'idée d'une TVA sociale, qui consisterait à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA sur la consommation, afin d'en affecter une fraction à la Sécurité sociale. Ce n'est « pas à elle seule, une solution suffisante », a-t-elle jugé.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale