Le Sénat a une nouvelle fois rejeté l'article central de la réforme sur la fin de vie, dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai 2026. Par 151 voix contre 118, les sénateurs ont écarté le dispositif prévoyant un droit à l'aide à mourir. Ce vote marque la deuxième lecture du texte, après un premier rejet en janvier.
Une coalition inattendue
Le rejet est le fruit d'une alliance entre des socialistes, jugeant le texte trop restrictif, et une partie de la droite, opposée par principe à toute forme d'aide à mourir. Bruno Retailleau, chef de file des Républicains, a justifié son opposition en déclarant : "Si demain le texte était voté, au seuil de la mort, chacun devra se demander s'il n'est pas un poids mort."
Un texte vidé de sa substance
La version soumise au Sénat différait considérablement de celle adoptée par l'Assemblée nationale. Les rapporteurs LR Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat avaient proposé une "assistance médicale à mourir" réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé "à court terme", soit potentiellement quelques jours seulement. Cette rédaction visait à créer une alternative en vue d'une éventuelle commission mixte paritaire.
Le gouvernement, qui espère une adoption avant la suspension estivale, pourrait décider de donner le dernier mot à l'Assemblée nationale. Avec près de 600 amendements encore à examiner, les débats s'annoncent complexes. Par ailleurs, un second texte sur le renforcement des soins palliatifs, plus consensuel, a été adopté définitivement par le Parlement.



