Fabien Roussel a été réélu à la tête du Parti communiste français (PCF) avec 70,1 % des voix lors d'un vote à huis clos dimanche 5 juillet 2026, au dernier jour du 40e congrès du parti à Lille. Cette reconduction sans surprise le rapproche d'une nouvelle candidature à l'élection présidentielle de 2027, au grand dam de certains élus de son parti et de La France insoumise (LFI).
Un congrès sous tension
Le congrès, ouvert vendredi, a vu les militants voter pour le texte d'orientation de la direction, qui prévoit que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l'élection présidentielle ». Ce texte a recueilli 61,4 % des voix (environ 14 800 votes) sur près de 24 600 participants, sur un total de 40 000 adhérents à jour de cotisation. En 2023, lors du précédent congrès, l'orientation de Roussel avait été adoptée à 81,9 % (23 900 voix), marquant un recul de son influence.
Dans son discours de vendredi, Roussel a déclaré : « J'ai dit que j'étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois. » Il a interprété le vote comme « le choix du combat plutôt que celui du retrait, celui de la bataille idéologique plutôt que de l'effacement ». Sa réélection en mars à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) conforte ses ambitions nationales.
Les critiques de La France insoumise
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a estimé que « la position très solitaire de Fabien Roussel a plutôt reculé », dénonçant son « entêtement de la candidature jusqu'au-boutiste ». Jean-Luc Mélenchon a renchéri sur X : « Nous prenons acte de cette rupture. » En 2022, Roussel n'avait récolté que 2,28 % des suffrages (environ 802 000 voix), un score que LFI lui reproche d'avoir privé Mélenchon d'un second tour, ce dernier n'étant qu'à 420 000 voix de Marine Le Pen. Le PCF avait pourtant soutenu Mélenchon en 2012 et 2017.
Roussel, partisan de l'affirmation communiste, refuse de se ranger derrière Mélenchon. « Nous ne pratiquons pas la chaise vide », a-t-il prévenu dans L'Humanité. « Si l'extrême droite augmente, ce n'est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l'absence du PCF à la présidentielle renforcerait l'abstention. »
Des dissensions internes
Au sein même du PCF, des voix s'élèvent contre une candidature. Stéphane Peu, patron des députés communistes, a déclaré : « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat », plaidant pour un accord avec LFI afin de garantir des circonscriptions aux prochaines législatives. Des opposants internes ont tenté d'imposer une « clause de revoyure » à l'automne, rejetée samedi par les militants. Roussel a balayé cette option dans L'Humanité : « Pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne. »
Une campagne nostalgique
Roussel mise sur une image de « la France des jours heureux », avec des références au « bon vin, de la bonne viande et du bon fromage », pour reconquérir la classe ouvrière perdue par la gauche. Sa popularité personnelle pourrait l'aider, mais les résultats électoraux récents du PCF restent faibles. La prochaine étape est fixée au 6 septembre 2026, quand les militants désigneront le candidat communiste à l'Élysée.



