Le Premier ministre Sébastien Lecornu a accordé une dérogation discrète à l'ancienne Première ministre Édith Cresson, 92 ans, pour conserver son chauffeur et sa voiture de fonction, malgré un décret pris en janvier 2026 supprimant les privilèges des anciens Premiers ministres. Elle n'a occupé la fonction que 11 mois.
Un traitement de faveur pour l'ex-Première ministre
Alors que Sébastien Lecornu avait promis à ses débuts que les "avantages à vie des anciens membres du gouvernement (seraient) supprimés dès le 1er janvier 2026", il semble que certains ont eu droit à des traitements de faveur. C'est en effet ce que révèle Mediapart au sujet d'Édith Cresson. L'ancien ministre des Armées a discrètement accordé une dérogation à l'ancienne socialiste de 92 ans, cheffe du gouvernement de François Mitterrand entre 1991 et 1992, lui permettant de conserver chauffeur et voiture de fonction avec gyrophare.
Contactée par nos confrères, celle-ci a laissé son aide à domicile répondre : "C'est Sébastien Lecornu qui lui a envoyé un courrier pour lui dire qu'elle pouvait garder cet avantage." De son côté, Matignon se refuse à toute explication.
Un coût de plus de 157 000 euros par an
Ces avantages, qui coûtent chaque année plus de 157 000 euros aux contribuables français, profitent aussi en partie à son frère Harold. "Son chauffeur vient me chercher pour me rendre chez elle le dimanche pour déjeuner", a-t-il confié à nos confrères.
Si l'accident qu'a eu Jean-Pierre Raffarin le 11 juin dernier a révélé qu'il avait pu lui aussi récupérer ce type d'avantage après la publication du décret au Journal officiel, ils ne sont pas les seuls à pouvoir encore en bénéficier. François Bayrou, qui avait promis de ne jouir d'aucun avantage après son départ rue de Varenne, se déplace également en voiture de fonction. En effet, l'interdiction ne vaut que pour les chefs de gouvernement ayant arrêté dix ans plus tôt.
Un décret aux exceptions nombreuses
Le décret de janvier 2026 visait à supprimer les avantages à vie des anciens Premiers ministres, mais des dérogations semblent avoir été accordées discrètement. Outre Édith Cresson, Jean-Pierre Raffarin et François Bayrou continuent de bénéficier de ces privilèges, malgré des promesses de suppression. La question de l'équité et de la transparence reste posée, alors que le gouvernement justifie ces exceptions par des circonstances particulières.



