Défaite amère pour Rachida Dati à Paris : une soirée électorale sans espoir
Défaite de Rachida Dati aux municipales de Paris

Une soirée électorale morose au QG de Rachida Dati

Il y a des jours où l'espoir semble définitivement absent. Au quartier général de Rachida Dati, situé dans le 12e arrondissement de Paris, la soirée électorale des municipales n'a jamais vraiment pris son envol. Aux alentours de 20 heures ce dimanche, la salle était pratiquement vide de militants lorsque les premiers résultats ont commencé à tomber. L'atmosphère, déjà tendue, est devenue étrangement pesante lorsqu'une heure plus tard, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a été annoncé largement vainqueur face à Rachida Dati.

Un échec retentissant pour l'ancienne ministre

Selon trois estimations concordantes, le successeur désigné d'Anne Hidalgo a remporté entre 53,1% et 50% des suffrages, devançant nettement la candidate de la droite et du centre qui a recueilli entre 37% et 40% des voix. Cette défaite constitue une énorme claque pour l'ancienne ministre de la Culture, qui échoue ainsi pour la seconde fois à conquérir la mairie de Paris. La candidate est finalement arrivée vers 21h30 à son QG, acclamée par une poignée de soutiens rassemblés à l'extérieur du local.

Rachida Dati a fendu la foule des journalistes pour monter sur une petite estrade d'un pas rapide. « Je n'ai pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire », a-t-elle reconnu, vêtue de sa célèbre veste vert militaire. Visiblement abattue, elle a déploré « le poison de la division » qui a marqué cette campagne.

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Des alliances insuffisantes face au maintien de la gauche

Pourtant, l'ex-sarkozyste avait réussi à obtenir la fusion avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) et le retrait de Sarah Knafo (Reconquête) entre les deux tours. Ces alliances se sont révélées insuffisantes pour réaliser le plein des voix au second tour, malgré le maintien de l'insoumise Sophia Chikirou dans la course. La stratégie d'union de la droite n'a pas porté ses fruits face à un électorat parisien qui semble ancré à gauche.

Proche du couple Macron, Rachida Dati a préféré dénoncer les « attaques en dessous de la ceinture » de la part de ses adversaires. Elle faisait ici référence à son procès à venir pour corruption et trafic d'influence prévu en septembre, où l'ancienne garde des Sceaux risque une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison et cinq ans d'inéligibilité. Mais au-delà des ennuis judiciaires, cette cuisante défaite est celle d'un profil jugé trop « clivant » et trop « brutal », y compris pour une partie de son propre camp qu'elle n'a jamais pu totalement rassembler depuis le début de sa campagne.

La déception palpable parmi les soutiens

Chez ses partisans, c'est la douche froide. « Je ressens de la tristesse et de la déception. Rachida a été une bonne candidate… On va avoir six ans de Grégoire, c'est la continuité d'Anne Hidalgo, et même encore pire », soupire Brigitte, une militante présente au QG. Eva, non loin d'elle, se dit « extrêmement déçue » : « Rachida a fait une très belle campagne face au bilan catastrophique de la gauche depuis vingt-cinq ans. On a vraiment cru à l'alternance, mais Paris semble ancré à gauche. »

La retraitée poursuit, visiblement inquiète : « Je ne peux même pas imaginer ces six prochaines années… Sur la sécurité, la saleté… J'ai très peur pour notre beau Paris. » Sylvie, une autre sympathisante, s'interroge : « Je suis vachement déçue, j'y croyais franchement. Peut-être qu'elle était trop clivante… » Son mari est plus direct : « Le Parisien est con, que voulez-vous que je vous dise ? Ils critiquent tous Hidalgo et finalement votent pour la continuité », s'agace-t-il.

Un départ mouvementé sous les sifflets

Rachida Dati a quitté son QG peu après sa prise de parole express. Son départ s'est fait dans une certaine agitation, sous les sifflets d'une partie des curieux attablés au bar d'en face et des habitants de ce quartier traditionnellement de gauche. Ce moment symbolise terriblement pour la droite une campagne qu'elle voudrait vite oublier. Les élections municipales de 2026 à Paris s'annoncent déjà comme un nouveau défi pour l'opposition, qui devra tirer les leçons de cet échec retentissant.

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