Ce samedi 11 juillet 2026, une commémoration en hommage au résistant communiste Max Barel a eu lieu à Nice, place qui porte son nom, dans le quartier du port. L'événement, marquant le 82e anniversaire de son exécution par la Gestapo le 11 juillet 1944, a réuni des élus de la Ville, du Département et du Parti communiste français (PCF). Mais cette cérémonie annuelle a été entachée par une vive controverse, depuis que le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, a accepté la proposition du PCF d'ériger une statue en l'honneur de Max Barel, rompant ainsi avec la tradition de ses prédécesseurs.
Une dénonciation de « récupération » par l'extrême gauche
Avant la cérémonie, un communiqué signé par une poignée de personnalités niçoises proches de La France insoumise (LFI) a fustigé « une pitoyable tentative de récupération de l'esprit de la Résistance qu'incarnait ce militant communiste, torturé et assassiné par l'officier SS Klaus Barbie ». Les signataires, dont l'ex-patron local du PCF Robert Injey et le leader départemental de LFI Olivier Salerno, ont rappelé qu'Éric Ciotti gouverne la Ville depuis le 27 mars avec ses alliés du Rassemblement national (RN), parti héritier du Front national. « Nous n'oublions pas que non seulement l'occupant nazi, mais aussi ses collaborateurs, dont beaucoup furent à l'origine de la création du Front national avec Le Pen, multiplièrent les crimes pour tenter de museler la Résistance », ont-ils déclaré. Et d'ajouter : « En politicien sans vergogne, Éric Ciotti ne recule devant rien pour favoriser la banalisation de l'extrême droite, de ses idées et de son héritage. »
La réponse de la municipalité : un hommage patriotique et apolitique
En l'absence du maire, c'est Hervé de Surville, conseiller municipal subdélégué au Monde combattant, qui a mené la commémoration. Il a rendu un hommage patriotique mais apolitique à Max Barel, avant de balayer les accusations de contradiction auprès de Nice-Matin : « C'est hors de propos. Aujourd'hui, nous célébrons un grand résistant, un grand Français mort pour la France. Il faut en rester là. »
Les communistes pris pour cible et leur réponse
Le communiqué visait également les communistes, les accusant de « naïveté ou ignorance » et de participer à cette banalisation. Mais le chef de file du PCF à Nice, Julien Picot, assume sa participation : « Nous avons toujours commémoré la mémoire de ce grand résistant communiste, il n'est pas question de capituler en l'abandonnant à l'extrême droite, précisément au moment où elle est aussi menaçante. Nous, nous sommes les héritiers fiers et fidèles d'une histoire, contrairement à Éric Ciotti et à une certaine gauche qui tente de nous déposséder de ce patrimoine qu'elle n'a pas. »
Julien Picot a annoncé que les communistes continueront à participer à l'hommage municipal, mais le doubleront à partir de l'année prochaine d'une commémoration partisane. Interrogé par Hervé de Surville pour savoir s'il n'avait rien oublié dans son discours – alors que le mot « communiste » n'a jamais été prononcé –, Picot a répondu par la négative, affirmant ne pas vouloir s'en vouloir.
Une concurrence des gauches en toile de fond
Cette polémique révèle les tensions entre les différentes gauches niçoises, notamment entre LFI et le PCF, sur fond de rivalité électorale. La décision de la municipalité d'extrême droite d'honorer un résistant communiste est perçue par certains comme une tentative de récupération politique, tandis que d'autres y voient un hommage légitime à un héros de la Résistance.



