Éric Ciotti triomphe à Nice : la fin d'une ère Estrosi et le début d'un nouveau chapitre politique
Ciotti élu maire de Nice, Estrosi quitte la vie politique

Le triomphe de Ciotti à Nice marque un tournant historique

« L'ascension de l'Himalaya par la face nord ». C'est par cette métaphore qu'Éric Ciotti décrit sa campagne victorieuse aux élections municipales de Nice, qu'il qualifie de plus belle réussite de sa vie politique. Après des années à rêver de détrôner son ancien mentor, Christian Estrosi, le député vient d'accomplir son Graal niçois en récoltant 45% des voix contre 39,5% à son adversaire et 15,5% à la candidate de gauche Juliette Chesnel-Le Roux.

Une célébration populaire sur le port de Nice

Devant la permanence du nouveau maire, plusieurs centaines de personnes se pressent dans une ambiance festive. On distribue des soccas, la spécialité culinaire niçoise à base de farine de pois chiche, tandis que les drapeaux s'agitent entre « La Marseillaise » et le tube pop « Freedom ». « Nous l'avons fait face au scepticisme, face au mépris, face à l'adversité », lance Ciotti, visiblement ému par sa victoire.

Frédéric, cadre commercial de 57 ans, salue « le grand nettoyage de printemps qui commence ». « Ciotti, il ne renie pas ses racines ; pendant la tempête Alex, il a mouillé la chemise », explique-t-il. « Il est courageux. Il a lâché Les Républicains pour monter son affaire. Nous, on est de vrais Nissarts ». À ses côtés, un ami retraité de 72 ans nuance : « On ne critique pas tout ce qu'a fait Christian Estrosi. La ville est belle, c'est vrai. Mais ici c'est un village, un microcosme. On ne gère pas Nice comme Paris, Marseille ou Lyon ».

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Le discours poignant d'Estrosi, roi déchu

Pendant que Ciotti célèbre sa victoire, Christian Estrosi adresse à ses partisans un discours poignant depuis sa permanence située à vingt minutes à pied, de l'autre côté de la colline du château. Après trois mandats qui ont transformé Nice en métropole rayonnante, le maire sortant fustige « cette campagne délétère, qui n'a pas été à la hauteur » et dénonce « la gauche écologiste qui a passé une alliance objective avec le RN ».

« Le front républicain est mort ce soir à Nice », attaque-t-il. Mais ce sont surtout ses mots sur son engagement de dix-huit ans qui marqueront les esprits : « J'ai vu grandir vos enfants... Je n'oublierai rien, la dimension humaine a été si forte. Vous resterez toujours dans mon cœur. Je vous dis au revoir... »

La fin d'une ère politique niçoise

« Le mandat de maire était la clé de voûte de mon engagement », déclare Christian Estrosi avant d'annoncer son retrait définitif de la vie politique pour se consacrer à sa famille et à « d'autres défis ». Celui qui a incarné Nice pendant dix-huit ans, transformant la ville en métropole internationale et futuriste tout en préservant ses racines, ses traditions et sa douceur de vivre, tire ainsi sa révérence.

Le rideau se baisse sur la baie des Anges, marquant la fin d'une ère politique et le début d'un nouveau chapitre pour la cinquième ville de France. La victoire d'Éric Ciotti, obtenue après une campagne décrite comme un parcours du combattant, ouvre désormais une page inédite dans l'histoire politique niçoise, tandis que Christian Estrosi quitte la scène après près de deux décennies de pouvoir.

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