Le député socialiste Philippe Brun a annoncé ce dimanche 30 juin sa candidature à la primaire organisée par le Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2027. Cette déclaration intervient alors que le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, affirme vouloir « enjamber » cette primaire pour se porter directement candidat à la présidentielle.
Une primaire sous tension
Philippe Brun, élu de l'Eure et figure montante du PS, a officialisé sa décision lors d'un entretien accordé à nos confrères de Libération. Il estime que la primaire est « le seul moyen de désigner un candidat légitime » pour le parti. « Je veux porter un projet de justice sociale et de transition écologique », a-t-il déclaré, ajoutant que « le PS doit être un parti de proposition et non de gestion ». Selon lui, la primaire permettra de « rassembler les socialistes autour d'un projet clair ».
Cette annonce survient dans un contexte de tensions internes au sein du PS. Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen et également pressenti pour concourir, a indiqué qu'il ne participera pas à la primaire. Il souhaite « enjamber » ce processus pour se présenter directement à la présidentielle, estimant que la primaire est « un exercice dépassé » qui « affaiblit le parti ». Bouamrane argue que le PS doit « sortir des querelles internes » et « parler directement aux Français ».
Les réactions au sein du PS
Les deux positions divisent les instances socialistes. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, n'a pas encore pris position publiquement, mais des sources internes indiquent qu'il privilégie une primaire ouverte pour « garantir la démocratie interne ». De son côté, l'ancien président François Hollande a appelé à « l'unité » sans se prononcer sur la méthode.
Les sondages montrent que le PS est crédité d'environ 8 % des intentions de vote pour la présidentielle, loin derrière les principaux candidats. Selon un récent sondage Ifop, 62 % des sympathisants socialistes souhaitent une primaire pour départager les candidatures. Cependant, 45 % d'entre eux estiment que le parti doit « renouveler son offre politique ».
Les enjeux de la primaire
La primaire du PS devrait se tenir au premier semestre 2026. Les modalités précises seront fixées lors du conseil national du parti en septembre. Philippe Brun propose un scrutin ouvert aux sympathisants, tandis que d'autres, comme le maire de Saint-Ouen, plaident pour une désignation par les seuls adhérents.
Interrogé sur la candidature de Bouamrane, Brun a déclaré : « Je respecte son choix, mais la primaire est le cadre légitime. Nous devons montrer que le PS est un parti démocratique. » Bouamrane, de son côté, a répondu : « Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je veux incarner un renouveau. »
Impact sur la gauche
Cette division intervient alors que la gauche tente de se reconstruire après l'échec de la Nupes. Plusieurs figures, comme Jean-Luc Mélenchon ou Marine Tondelier, ont déjà annoncé leur candidature ou leur intention de se présenter. Le PS craint que ces querelles internes ne nuisent à sa crédibilité.
Selon un politologue interrogé par Libération, « la primaire du PS est un test pour l'avenir de la social-démocratie en France. Si elle échoue, le parti risque de s'effacer durablement. »



