La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a confié vendredi 2 août être «dépassée» par les critiques suscitées par le projet de rénovation du pavillon d'entrée du palais Bourbon, lors d'un entretien accordé à France Info. Cette réaction intervient alors que la délibération du Conseil de Paris, adoptée fin juillet, a relancé la polémique en plein été.
Un projet contesté depuis deux ans
Depuis deux ans, Yaël Braun-Pivet souhaite agrandir et moderniser le pavillon d'entrée de l'Assemblée nationale, un bâtiment construit en 1888. Le projet, suspendu en 2025 pour des raisons administratives, a été relancé grâce à l'avis favorable du Conseil de Paris sur la modification des règles d'urbanisme autour du palais Bourbon. Les travaux, estimés à près de 53 millions d'euros, visent principalement à améliorer l'accueil des visiteurs.
Cependant, ce coût, jugé excessif dans un contexte économique difficile, ainsi que des critères esthétiques, ont déclenché une vague de critiques de la part de nombreuses personnalités politiques et publiques. Parmi elles, Ségolène Royal, ancienne ministre, et le rappeur Joey Starr ont exprimé leur opposition.
Une opposition politique et citoyenne
Les députés RN Hélène Laporte et Sébastien Chenu, tous deux vice-présidents de l'Assemblée, ont demandé une réunion du bureau de l'Assemblée pour statuer à nouveau sur ce projet, qu'ils jugent marqué par un manque de transparence. De son côté, l'association Sites et Monuments a lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli 90 000 signatures, témoignant d'une mobilisation citoyenne significative.
Face à cette fronde, Yaël Braun-Pivet a affirmé à France Info : «Je suis dépassée par des critiques qui fusent sur un projet que les gens ne connaissent pas.» Elle a assuré que le projet allait se poursuivre, malgré les contestations. Le média a également précisé que plusieurs millions d'euros avaient déjà été dépensés dans le cadre de ce projet.
Des dépenses déjà engagées
Selon les informations de France Info, plusieurs millions d'euros ont déjà été investis dans le projet de rénovation, ce qui pourrait compliquer toute tentative d'abandon. Cette situation soulève des questions sur la gestion des fonds publics et la transparence des décisions, alors que le projet continue de diviser.
La polémique intervient dans un contexte où la France fait face à des défis budgétaires importants, et où chaque dépense publique est scrutée. Les critiques portent également sur l'architecture du futur pavillon, certains estimant qu'il ne s'intégrerait pas harmonieusement dans le paysage urbain du quartier.
Une décision attendue
La demande de réunion du bureau de l'Assemblée par les vice-présidents RN pourrait conduire à un réexamen du projet. En attendant, Yaël Braun-Pivet maintient sa position et défend un projet qu'elle considère nécessaire pour améliorer l'accueil des visiteurs et moderniser un bâtiment historique.
La pétition de l'association Sites et Monuments, qui a recueilli 90 000 signatures, témoigne de l'ampleur de la contestation. Elle pourrait être remise aux autorités compétentes pour tenter de faire stopper le projet, même si la décision finale appartient à l'Assemblée nationale.



