Pierre-Yves Bournazel, l'homme invisible qui défie Rachida Dati aux municipales parisiennes
Bournazel défie Dati dans une bataille sans merci à Paris

Le discret conseiller municipal qui pourrait créer la surprise

Et si le véritable choc des prochaines élections municipales parisiennes venait de l'ombre ? Pierre-Yves Bournazel, conseiller municipal depuis dix-huit ans dans la capitale, illustre inconnu du grand public, pourrait provoquer la plus grande surprise du scrutin. Celui que certains décrivent avec le charisme d'une huître, l'homme des dossiers, si transparent et sérieux, a soudainement changé de costume.

La transformation guerrière d'un homme discret

À 48 ans, l'homme invisible est passé en mode guerrier, conscient que sa chance ne repassera pas. Il a décidé de frapper fort, ciblant sa meilleure ennemie : Rachida Dati. Bournazel attaque la candidate LR sur son point faible, la qualifiant d'être en "état d'ébriété narcissique" et pointant ses affaires judiciaires. En septembre prochain, la future ex-ministre de la Culture sera effectivement convoquée devant les juges pour corruption, avec risque de prison ferme.

Le candidat joue les lanceurs d'alerte avec une question provocatrice : "Allez-vous voter pour un maire qui pourrait être débarqué de l'Hôtel de Ville à peine élu ?" Une stratégie qui promet un scandale à la rentrée prochaine et qui fait fulminer le camp Dati, accusant Bournazel de frapper en dessous de la ceinture.

Un soutien de poids et des courbes à inverser

Candidat d'Horizons et de Renaissance, Pierre-Yves Bournazel bénéficiera ce mardi 10 février au soir du soutien sans faille d'Édouard Philippe et Gabriel Attal lors d'un meeting au Cirque d'Hiver. Des parrains de poids qui ont bien senti que rien n'était joué pour Paris.

Malgré son déficit de notoriété et les attaques, PYB se maintient autour de 15% d'intentions de vote, tandis que Rachida Dati stagne à 25%, devancée largement par Emmanuel Grégoire, l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo. La candidate LR est surtout menacée par l'irruption de Sarah Knafo, candidate de Reconquête créditée de plus de 10%.

Le rêve de Bournazel est clair : inverser les courbes et passer devant la candidate des Républicains dans le sprint final. Un pari qui semble moins fou qu'il n'y paraît, surtout à Paris où l'électeur a souvent boudé les candidats trop médiatiques.

Une inimitié historique et insurmontable

L'attaque de Bournazel n'est pas si incongrue lorsqu'on connaît leur histoire commune. En 2008, il a travaillé au cabinet de Rachida Dati, alors ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy. L'expérience a mal tourné, Bournazel n'ayant pas supporté les humeurs de la pasionaria du 7e arrondissement. Il est parti en claquant la porte, et depuis, ils ne se supportent plus.

Cette inimitié paraît insurmontable, au point qu'imaginer une gouvernance commune de la capitale semble impossible. Aucun des deux camps n'a évoqué la possibilité d'une alliance au deuxième tour, laissant planer le doute sur l'après-premier tour.

La stratégie du discret contre le clinquant

Pierre-Yves Bournazel mise sur son profil d'homme de l'ombre pour séduire l'électeur parisien, cet "animal politique étrange" qui n'aime pas qu'on lui impose un candidat venu du ciel. Le citoyen de la Ville Lumière, paradoxalement, apprécie l'ombre et ceux qui lui ressemblent.

Sa stratégie : fustiger la candidate du clinquant et du tape-à-l'œil, celle dont la politique semble à géométrie variable, un jour macroniste, le lendemain LR, mais toujours sarkozyste. En réponse, les équipes de Rachida Dati tentent de gauchiser Bournazel, le présentant comme un renégat qui favoriserait l'élection du socialiste Emmanuel Grégoire plutôt que de subir le joug d'une dame "en état d'ébriété narcissique".

Il faudra attendre le soir du premier tour pour savoir si la hache de guerre pourra être enterrée. Qui sortira vainqueur de ce combat sans merci ? Pendant ce temps, la gauche se frotte les mains, observant cette bataille qui pourrait bien faire oublier son propre bilan dans la capitale.