Municipales 2026 : une candidate voilée victime de haine en ligne porte plainte et persévère
Candidate voilée victime de haine porte plainte pour municipales 2026

Une candidate aux municipales 2026 ciblée par un torrent de haine en ligne à cause de son voile

Aurore Katramiz, adjointe au maire de Réhon en Meurthe-et-Moselle et candidate aux prochaines élections municipales, a officiellement porté plainte dimanche dernier pour injure publique et incitation à la haine. Cette démarche judiciaire fait suite à une déferlante de commentaires insultants et haineux sur les réseaux sociaux, déclenchée par la diffusion d'une photographie la représentant portant le voile.

Une vague de violence verbale "décomplexée" sur internet

La conseillère municipale, âgée de 39 ans et en poste depuis 2020, a décrit à l'AFP un environnement numérique devenu particulièrement toxique. "C'est explicite, c'est complètement décomplexé, les gens déversent leur haine sans connaître la personne", a-t-elle témoigné avec émotion. Elle précise avoir été la cible d'attaques faisant référence à des événements tragiques comme l'attentat du Bataclan de novembre 2015, ainsi qu'à des associations infondées avec les Frères musulmans.

La situation actuelle contraste fortement avec son expérience précédente. "J'avais déjà été critiquée à l'époque, mais pas à ce point-là, pas avec autant de violence", a confié l'élue, soulignant la gravité et l'intensité nouvelles de ces attaques numériques.

Un engagement républicain fermement réaffirmé face aux accusations

Aurore Katramiz a vivement réagi aux accusations d'être "antirépublicaine". "On ne peut pas dire que je suis antirépublicaine, autrement je ne serais pas là, présente, à m'investir pour ma commune", a-t-elle déclaré avec conviction. Elle explique porter le voile en raison de sa confession musulmane, mais insiste sur le fait qu'elle n'est "pas là pour faire du prosélytisme".

La candidate, qui figure sur la liste sans étiquette du maire sortant Jean-Pierre Weber dans cette commune d'environ 4 000 habitants, a reçu le soutien public de ce dernier. "Elle a tout mon soutien et je ne cautionnerai jamais de tels agissements", a affirmé le maire à l'AFP, louant par ailleurs les compétences et l'implication de son adjointe dans le tissu associatif local.

Une détermination inébranlable malgré les attaques

Face à cette tempête de haine, Aurore Katramiz fait preuve d'une résolution remarquable. "Ce n'est pas ça qui m'arrêtera", assure-t-elle fermement. La candidate mentionne également avoir reçu de nombreuses marques de soutien de la part d'habitants de la commune, ce qui contrebalance en partie l'impact négatif des messages hostiles.

L'affaire, initialement rapportée par Ici Lorraine, illustre les défis auxquels sont confrontées les personnalités politiques, notamment celles issues de minorités visibles, dans l'espace public numérique. La plainte déposée dimanche pourrait établir un précédent important concernant la responsabilité et les limites de l'expression sur les plateformes sociales en période électorale.