Monique Olivier dans l'Orne pour une reconstitution dans l'affaire Lydie Logé
Monique Olivier dans l'Orne pour l'affaire Lydie Logé

Monique Olivier dans l'Orne pour une reconstitution dans l'affaire Lydie Logé

Monique Olivier, l'ex-épouse du tueur en série décédé Michel Fourniret, est arrivée ce mardi matin dans le département de l'Orne, selon les informations rapportées par le journal Ouest-France. Sa présence sur place s'inscrit dans le cadre de nouvelles recherches visant à localiser le corps de Lydie Logé, une jeune femme disparue mystérieusement en décembre 1993. D'après les précisions du média local, il s'agira notamment de rejouer la soirée fatidique au cours de laquelle Lydie Logé a été vue pour la dernière fois.

Une semaine d'interrogatoires et une reconstitution prévue

« C'est une semaine entière qui est prévue pour des interrogatoires approfondis et, si les éléments recueillis le permettent, il n'est pas exclu que les enquêteurs procèdent à des repérages précis, voire à des sondages ciblés. Une reconstitution criminelle est également au programme », a expliqué Corinne Herrmann, l'avocate qui représente les sœurs de la victime, confirmant ainsi une information initialement révélée par Le Parisien.

Pour Me Herrmann, cette reconstitution constitue « un acte fort et symbolique » dans ce dossier judiciaire complexe. « Cela signifie concrètement que l'on replace sur les lieux présumés des faits la personne que l'on soupçonne d'être l'auteur ou la complice », a-t-elle précisé, ajoutant que cet événement pourrait se tenir dès jeudi, tout en soulignant que le calendrier restait flexible et susceptible d'évoluer en fonction des avancées de l'enquête.

De son côté, Michel Lerat, le maire de Boischampré, commune dont dépend Saint-Christophe-le-Jajolet, a indiqué avoir été contacté par la gendarmerie nationale. Les autorités l'ont informé de la possibilité d'une reconstitution sur le terrain mercredi et jeudi dans sa municipalité, préparant ainsi le terrain pour des opérations de grande envergure.

Le mystère de la disparition de Lydie Logé

Lydie Logé, âgée de 29 ans et mère d'un jeune garçon de sept ans, a disparu sans laisser de trace le 18 décembre 1993 à Saint-Christophe-le-Jajolet, un petit village normand comptant à peine 240 habitants. Sa disparition est survenue peu de temps après qu'elle eut effectué des courses de Noël en compagnie d'une amie proche.

Alors que deux enquêtes distinctes, menées de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, avaient abouti à des non-lieux décevants pour la famille, les investigations ont été relancées de manière significative en 2018. Ce regain d'intérêt fait suite à des rapprochements ADN cruciaux entre des traces biologiques retrouvées dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN de la mère de Lydie Logé, établissant ainsi un lien tangible avec le tueur en série.

En janvier 2021, Monique Olivier a été officiellement mise en examen pour complicité d'arrestation, d'enlèvement, de détention ou de séquestration arbitraire dans le cadre de cette enquête. Le dossier est désormais instruit par le pôle spécialisé dans les « cold cases », les affaires non élucidées, situé à Nanterre.

Une opération similaire organisée il y a un an

Une opération de recherche similaire avait déjà été organisée en janvier 2025. À l'époque, Monique Olivier, aujourd'hui âgée de 77 ans, avait passé plusieurs jours consécutifs dans le département de l'Orne, notamment en explorant des carrières abandonnées, sans toutefois que la dépouille de Lydie Logé ne soit localisée.

En octobre de la même année, la gendarmerie de l'Orne avait lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, via Facebook, afin de tenter de localiser une cavité rocheuse spécifique susceptible d'abriter le corps de la victime. Michel Fourniret, décédé depuis, reste le principal suspect dans cette affaire de meurtre présumé.

Le lourd passé judiciaire de Monique Olivier

Monique Olivier a été condamnée à deux reprises à la réclusion criminelle à perpétuité, d'abord en 2008 puis en 2023. Ces condamnations font suite à sa complicité avérée dans sept meurtres de jeunes filles, dont celui tragique d'Estelle Mouzin, marquant ainsi son implication profonde dans les crimes de son ex-mari.