Battu aux élections municipales en mars, Jean-Michel Aulas a décidé d’exprimer son amertume jeudi vis-à-vis de ses anciens alliés. Le premier vice-président à la métropole de Lyon a en effet réglé ses comptes avec la droite locale après s’être vu retirer ses délégations à la suite d’une plainte pour viol visant un de ses proches conseillers.
« À chaque élection, les appareils politiques font les yeux doux à la société civile pour se donner de l’air, renouveler leur répertoire d’idées, reconquérir une confiance populaire qu’ils savent en ruine », écrit l’ancien président de l’Olympique lyonnais sur sa messagerie LinkedIn.
Aulas tacle les « jeunes loups impatients »
« Plusieurs partis avaient surfé sur la dynamique de notre candidature […] pour conduire à une confortable majorité à la Métropole que peu anticipaient. Contribuant au passage à faire la courte échelle à quelques jeunes loups impatients ou à ressusciter de vieilles gloires locales », tacle Jean-Michel Aulas sans toutefois citer de nom. « Une fois instrumentalisée puis digérée, la société civile se retrouve recrachée à la case départ, avec plus ou moins d’élégance selon les cas. Plutôt moins », poursuit le candidat malheureux à la mairie de Lyon.
Une plainte pour viol à l’origine du conflit
Il est reproché à l’ex-président de l’OL d’avoir maintenu dans ses fonctions son directeur de communication pendant toute la campagne municipale alors que la plaignante l’avait alerté dès février. Il a pour sa part toujours soutenu avoir « agi dans le seul but de protéger la jeune femme ». Celle-ci, une militante d’une vingtaine d’années, dit avoir subi un viol par soumission chimique début janvier, ce que nie le conseiller mis en cause. Elle a porté plainte en mai.
Dès la révélation de cette plainte, le 10 juin, la présidente LR de la métropole Véronique Sarselli avait demandé la mise en retrait de Jean-Michel Aulas et de deux de ses proches, issus comme lui de la société civile et devenus vice-présidents de la métropole en vertu de leur alliance électorale. Après avoir initialement refusé, les intéressés ont plié sous la pression de leur groupe puis se sont vus retirer leurs délégations.
Explosion du groupe Cœur lyonnais
À la métropole, Jean-Michel Aulas s’était allié avec Véronique Sarselli qui a conduit le mouvement Grand cœur lyonnais, comprenant des candidats de la société civile et de partis allant du MoDem à LR en passant par Renaissance et Horizons. À Lyon, il s’est aussi mis en retrait de son rôle de premier opposant au maire écologiste Grégory Doucet. Le groupe Cœur lyonnais qu’il présidait a explosé dans la foulée.
« Tout cela visait donc surtout à remettre la société civile là où certains estiment qu’elle doit rester : dans le décorum, loin des postes et des candidatures qui permettent à une certaine classe politique de continuer à exister », déplore sur LinkedIn Jean-Michel Aulas. « Cette manœuvre n’est pas morale. Elle est habituelle. Elle est cynique », conclut-il.



