André Guiol, sénateur varois, met fin à sa carrière politique à 72 ans
André Guiol met fin à sa carrière politique à 72 ans

Le sénateur social-démocrate du Var, André Guiol, 72 ans, a annoncé qu'il ne se représentera à aucun mandat, mettant fin à une carrière politique de six ans au Sénat et vingt-cinq ans à la mairie de Néoules. « Ceci est mon testament politique », a-t-il déclaré, confirmant son retrait définitif des arcanes du pouvoir, y compris de ses engagements associatifs.

Un départ motivé par la fatigue

Interrogé dans son fief du centre Var, André Guiol explique sa décision : « Mon groupe RDSE comme certains maires varois m’ont demandé de me représenter en septembre. Je n’en ai plus la force. Si l’esprit est toujours vif, c’est éprouvant pour le corps. » Il évoque les allers-retours à Paris, les vols en hélicoptère et les déplacements en Guyane.

Un dernier vote contre les néonicotinoïdes

Son dernier vote, le 30 juin 2026, s’est porté contre la réintroduction de deux néonicotinoïdes interdits. Passionné de jardinage, il possède trois ruches dans son jardin. « Ces produits emboucanent la nature », souligne-t-il, tout en comprenant ceux qui ont voté pour : « La France est parfois trop en avance par rapport aux autres. » Il reprend une formule de sa dernière lettre de sénateur : « J’ai gardé mes convictions, pas mes certitudes. »

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Regret sur la fin de vie

André Guiol regrette que le Sénat n'ait pas statué sur le texte sur la fin de vie, initialement prévu en troisième lecture le 7 juillet 2026. « Que le Sénat ne statue pas, c’est comme si on se tirait une balle dans le pied », déplore-t-il. Lui avait voté contre auparavant car le projet de loi avait été « vidé de son sens, en touchant l’aide à mourir ».

Bilan et fiertés

Ancien ingénieur à la Direction générale de l’armement, il a siégé à la commission de la Défense, des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat. Il évoque quatre rapports, dont l'accord France-Kosovo sur l'emploi des agents des missions officielles et l'échange de permis de conduire avec la Moldavie. Sa plus grande fierté : son vote pour l'inscription de l'IVG dans la Constitution « quand d’autres États reviennent sur ce droit ».

Déceptions et gaffes

Son plus grand regret est un amendement sur l'« attribution de compensation » pour les communes lésées par la suppression de la taxe professionnelle. « J’ai perdu », confie-t-il. Il se souvient aussi d'une gaffe à la tribune où il a cité l'affaire « Bactrane » (un quartier de Néoules) au lieu de l'opération Barkhane. « Heureusement, il n’y a que moi qui m’en suis aperçu », sourit-il.

Soutien à Michel Gros et regard sur la présidentielle

Pour le remplacer au Sénat, André Guiol soutient Michel Gros, ancien maire de La Roquebrussanne. « Son unique chance, c’est de rassembler ceux qui ne sont pas dans une démarche partisane », estime-t-il, redoutant que le RN remporte deux sièges dans le Var.

Pour la présidentielle de 2027, il ne voit pas d'alternative à un duel Bardella-Mélenchon au second tour. Bien qu'il condamne les dérives antisémites de LFI, son vote irait « sans hésitation » au leader d'extrême gauche le 2 mai 2027 : « Cela serait le moins pire. Je n’ai aucune confiance dans le mécanisme d’extrême droite. » Il cite François Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre. »

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