Accusations de détournement de fonds publics lors d'une réunion électorale à Jonzac
Le maire de Jonzac, Christophe Cabri, également conseiller départemental et candidat à la présidence de la Communauté des communes de la Haute-Saintonge (CDCHS), est au cœur d'une polémique. Ses adversaires, Jean-François Mougard et Raphaël Gérard, l'accusent d'avoir utilisé des moyens publics à des fins électorales lors d'un « moment de convivialité » organisé le jeudi 26 mars. Cette réunion, qui a rassemblé les maires du territoire, intervient à quelques jours de l'élection du président de la CDCHS prévue le 7 avril.
Les accusations portées par l'opposition
Dans un communiqué daté du 24 mars, Jean-François Mougard, chef de file de l'opposition municipale à Jonzac et candidat à la présidence de la CDCHS, dénonce vivement cette initiative. Il estime que cette réunion, présentée comme un simple événement de convivialité, sert en réalité la campagne électorale de Christophe Cabri. « Ce 'moment de convivialité' est donc bienvenu pour le candidat Christophe Cabri, qui pourra rencontrer ses électeurs autour d'un bon verre et de quelques agapes aux frais des Charentais-Maritimes », affirme-t-il. Pour appuyer ses accusations, Jean-François Mougard a saisi le contrôle de légalité afin de vérifier s'il s'agit d'un détournement de moyens publics.
Raphaël Gérard, ancien député et maire de Lonzac, également candidat à la présidence de la CDCHS, soutient cette position. Il déclare : « Le geste est non seulement grossier mais il est aussi une démonstration de ce que je dénonce… Voir une présidente de Conseil départemental assurer la campagne d'un candidat à la présidence de notre CDC a de quoi inquiéter. » Ces critiques mettent en lumière les tensions politiques qui entourent l'élection imminente.
La défense de Christophe Cabri
Face à ces accusations, Christophe Cabri se défend catégoriquement. Il explique que cette réunion avait pour objectif de rassembler les nouveaux maires élus du canton, afin qu'ils puissent se présenter et se connaître. « Et ce moment de convivialité, avec quelques boissons et gâteaux apéritifs, est entièrement financé par nos deniers personnels, comme on le fait à chaque fois, et en aucun cas aux frais des Charentais-Maritimes ! », insiste-t-il. Il précise que la présence de Sylvie Marcilly, présidente du Conseil départemental, n'avait pas de visée politique et que l'événement était planifié depuis longtemps.
Christophe Cabri réagit également aux attaques de ses adversaires en les qualifiant de manœuvres désespérées. « Quand on ne sait pas quoi dire, ni quoi faire, certains trouvent bon de réagir comme ça. Ces gens ne doivent pas se sentir très en confiance pour aller chercher des attaques de cet ordre… », ajoute-t-il. Il critique notamment Jean-François Mougard pour sa conduite agressive, similaire à celle observée lors de la campagne municipale à Jonzac.
Contexte électoral et implications
Cette polémique survient dans un contexte électoral tendu, où les 158 conseillers communautaires de la Haute-Saintonge s'apprêtent à élire leur président. Les accusations de détournement de fonds publics pourraient influencer le scrutin, en jetant le doute sur l'intégrité des candidats. Christophe Cabri souligne que sa campagne officielle se déroulera lors de cinq réunions prévues la semaine suivante dans les bassins de vie, distinctes de l'événement du 26 mars.
Les enjeux de cette affaire dépassent le simple cadre local, touchant à des questions de transparence et d'éthique politique. Le contrôle de légalité saisi par Jean-François Mougard pourrait apporter des éclaircissements sur la légalité de cette réunion, mais son issue reste incertaine. En attendant, les échanges acerbes entre les candidats illustrent les rivalités qui caractérisent souvent les élections intercommunales en France.



