Lancée il y a cinq ans depuis Bordeaux, la plate-forme de location de véhicules anciens entre particuliers Wedrivit rassemble près d'un millier de collectionneurs. Insuffisant toutefois pour répondre à toutes les demandes. Wedrivit ambitionne donc de proposer, d'ici deux ans et après une prochaine levée de fonds, 6 000 voitures vintage.
Un rêve accessible en quelques clics
Qui n'a pas songé à rejouer « La Dolce Vita » ? En troquant le décor romain du film fellinien pour les vignes de l'Entre-deux-Mers et la fontaine de Trevi pour celle des Quinconces à Bordeaux. Pour ne garder de cette escapade cinématographique que l'essentiel : la Triumph TR3, désormais colorisée, bleu ciel. Dans ce cabriolet aux sièges et tableau de bord en cuir camel, chromes rutilants, profitez du charme suranné du compteur en miles, du volant en bois, sans direction assistée, et de cette si particulière odeur d'essence… Pour moins de 400 euros la journée de location, le rêve est, soixante-quatre ans après la sortie du bolide britannique, accessible en quelques clics sur Wedrivit. Vous préférez une Ford Mustang ? Ou les plus populaires Méhari et Coccinelle ? La plate-forme bordelaise recense plus de 1 500 véhicules disponibles partout en France.
Montée en gamme et progression de l'activité
Cinq ans après le lancement de son site, Hubert de Villeneuve est fier d'avoir convaincu près d'un millier de collectionneurs de rejoindre ce qu'il nomme le « Airbnb de la voiture de collection ». Reléguant au rang des souvenirs les premières heures de Wedrivit, lorsqu'il fallait persuader les propriétaires de laisser leur voiture à des inconnus, sans chauffeur, et leur apporter toutes les garanties d'une police d'assurance. Mieux, savoure-t-il, « c'est chaque jour, un véhicule de plus qui s'inscrit ». Ayant permis une montée en gamme de l'offre, comme en témoigne le panier moyen, passé en trois ans de 389 à 489 euros. Comme le « développement de l'activité qui, en 2025, a enregistré deux mille jours de location », a comptabilisé l'entrepreneur. Soit une progression de près de 30 % en trois ans établissant à « 650 000 euros le volume des locations passées l'an dernier ».
Un quart des demandes seulement aboutit
Pour autant, Wedrivit laisse quelques déçus sur le bord de la route. « Un quart des demandes seulement aboutit à une location », déplore Hubert de Villeneuve. Faute de véhicules disponibles, qu'il s'agisse des plus luxueuses, telle la Jaguar Type E, ou des populaires 2 CV, et d'un calendrier contraint. « 90 % des locations sont demandées sur les week-ends pour des mariages, des escapades et des cadeaux d'anniversaire. »
Le cinéma : levier de croissance
Si l'aventure Wedrivit s'est imposée dans la corbeille des futurs mariés, Hubert de Villeneuve « n'avait pas pensé que le cinéma » serait un des moteurs de l'activité de la plate-forme. Avec cette particularité que « les demandes visent surtout des modèles populaires des années 1960-1970 ». Après « Mariage au goût d'orange » de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste et Adèle Exarchopoulos au casting, et quelques vieilles Simca, Renault 12 et autres Coccinelle, Wedrivit a déniché pour Julien Hervé la Peugeot 504 blanche au volant de laquelle Didier Bourdon et Christian Clavier marient leurs enfants, dans « Cocorico 2 ».
Objectif 6 000 voitures et développement international
Avec l'ambition de se placer en pole position du marché, Wedrivit vise un référencement de 6 000 voitures d'ici deux ans. Où chaque propriétaire reste maître de son annonce, du calendrier de disponibilité et des tarifs, « même si nous les conseillons pour valoriser leur voiture et être dans les prix du marché », cadre le fondateur. Aussi important qu'apparaisse le delta, il est tout à fait accessible selon Hubert de Villeneuve, considérant qu'il y a « 800 000 véhicules de collection en France ». Le développement à l'international suivra, selon l'ex-expatrié londonien ; à commencer par les pays européens limitrophes. Pour ce faire, Hubert de Villeneuve annonce « une levée de fonds auprès de business angels et sur la plateforme de financement participatif Kolibri ». Objectif : investir 500 000 euros sur l'optimisation et le développement de nouvelles fonctionnalités de la plateforme Wedrivit.
Constitution d'une flotte propre et recrutements
Pour répondre à l'afflux de demandes autour de certains véhicules anciens, populaires comme de luxe, Wedrivit constitue sa propre flotte de véhicules. Cette perspective de développement s'adossera alors, pour le fondateur et ses associés, à de nouveaux recrutements afin de porter les effectifs à une douzaine de personnes. L'entreprise projette dans ce même temps de regrouper dans un même lieu ses bureaux et ses flottes de véhicules. Ceux confiés en gestion par les propriétaires, parallèlement au parc automobile qu'a constitué Wedrivit, sur la base des modèles les plus plébiscités, dont la dernière acquisition n'est autre que la mythique Porsche 356 Speedster. Sur la base de ce modèle bordelais, Wedrivit projette, cette fois à cinq ans, de multiplier ses flottes afin de proposer « dans plusieurs villes en France, une dizaine de ces mêmes véhicules ». La nostalgie cultivant un certain art de vivre.



