Vigneron de l'Hérault devant la justice pour ses étiquettes provocantes
Vigneron de l'Hérault jugé pour ses étiquettes provocantes

Le tribunal correctionnel de Paris a examiné le 2 septembre certaines étiquettes des Vignobles Vellas, basés près de Montpellier, pour non-respect présumé de la loi Evin. L'association Addiction-France critique le marketing jugé incitatif de certaines bouteilles. Le vigneron se défend de contrevenir aux règles. La décision est attendue le 5 octobre.

Des cuvées aux noms provocateurs

Le 2 septembre, Nicolas Vellas n'était pas à Paris mais dans ses vignes, vendanges obligent. Pendant qu'il sélectionnait ses grappes, le tribunal correctionnel passait à la loupe certaines de ses bouteilles. En cause ? Des étiquettes au marketing jugé un peu trop incitatif par l'association Addiction-France, qui a attaqué les Vignobles Vellas – 350 hectares répartis sur 8 terroirs et 14 propriétés, et une maison mère située au Mas du Pont à Teyran depuis quatre générations – pour non-respect de la loi Evin.

L'entreprise familiale a fait de son packaging l'un de ses arguments de succès, avec des visuels percutants associés à des noms de cuvées parfois provocateurs : "Sugar Baby" ou "Bad Angel, le vin dangereux" chez les blancs ; "Punish Me" ou "Little Fuck" du côté des rouges. Une petite partie seulement des étiquettes des Vignobles Vellas sont concernées. Les plus subversives.

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Des visuels jugés incitatifs par Addiction-France

Nos confrères de Radio France, présents à l'audience parisienne, ont cité le dessin d'un ange qui adresse un doigt d'honneur, le goulot d'une bouteille en forme de canard portant la mention "Suck my duck" ou encore un coffret de vin comprenant verres, bouteille et… cravache en cuir. Une stratégie à laquelle s'oppose Addiction-France.

"On ne peut pas tolérer du marketing incitatif sur le vin alors qu'il y a derrière un problème de santé publique, surtout quand on sait que les plus jeunes ont leur premier contact visuel avec l'alcool dans les rayons du supermarché. Les viticulteurs veulent se démarquer, d'accord, mais ils banalisent du même coup la question de l'alcool et de ses effets", plaide Franck Lecas, responsable des projets santé de l'association.

La défense du vigneron et l'arrêt Levrette

Une accusation contestée par Nicolas Vellas. Pour le viticulteur héraultais, "le vin doit aussi vivre avec son temps". "Nous respectons scrupuleusement la loi Evin. Mais elle ne nous empêche pas de proposer un visuel artistique ou décalé qui nous permet de nous démarquer dans un marché très concurrentiel. Est-ce que nos bouteilles provoquent des réactions ? Bien sûr. Parfois parce qu'elles sont un peu provocantes, souvent parce qu'elles sont belles et mettent en avant des œuvres d'art. Et cette originalité est saluée par nos clients. Personne ne nous l'avait encore reprochée. Je ne crois pas qu'une bouteille anonyme, comme le paquet neutre pour les cigarettes, soit une bonne chose pour notre filière, déjà en souffrance."

L'entreprise héraultaise pourra compter pour sa défense sur le très médiatique arrêt 24.83-474 de la cour de cassation : "l'arrêt Levrette". Le 20 janvier dernier, la haute juridiction a autorisé la marque de bière Levrette à continuer d'utiliser son nom, considérant que la bouteille en elle-même n'était pas un vecteur de publicité puisqu'elle était prise en main par des gens décidés à consommer de l'alcool.

La stratégie d'Addiction-France et la décision attendue

Débouté sur ce dossier, Addiction-France mise dans le cas des Vignobles Vellas sur une autre stratégie : pointer la reproduction des bouteilles sur le site internet de l'entreprise comme une publicité illicite. La décision du tribunal correctionnel est attendue le 5 octobre.

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