Veolia a inauguré ce jeudi 19 juin à Mauguio, dans l'Hérault, son nouveau siège régional qui regroupe quelque 270 collaborateurs. Situé dans la nouvelle ZAC du Piom, aux portes de l'aéroport, ce site unique remplace plusieurs implantations dispersées et rassemble les quatre entités du groupe : eau, recyclage et valorisation des déchets, énergie et assainissement.
Synergie, ancrage et proximité
Olivier Sarlat et Marie Borni, respectivement directeurs régionaux des entités "eau" et "assainissement", ont expliqué que ce déménagement visait à créer des synergies internes. "Nous voulions réunir sous un même toit plusieurs activités, y compris les services supports et une plateforme téléphonique. Dans ce bâtiment aux normes énergétiques modernes, nous avons conçu des espaces d'échanges et de collaboration plus intenses", ont-ils déclaré.
Ce siège renforce l'ancrage régional d'un groupe qui emploie 2 700 personnes en Occitanie, dont 830 salariés pour l'entité eau sur l'ex-Languedoc-Roussillon et l'Aveyron. "Cette seule filière réinjecte plus de 120 millions d'euros sur le territoire en faisant travailler des fournisseurs et sous-traitants", précise Olivier Sarlat. Veolia recrute chaque année une centaine de personnes, dont 30 à 40 alternants, et a travaillé avec le rectorat pour créer de nouvelles filières de formation via le campus des métiers de l'eau, dont le lycée Pablo-Picasso de Perpignan est la tête de pont. Olivier Sarlat a également pris la présidence d'Aqua Valley, pôle de compétitivité réunissant institutionnels, universitaires, collectivités et entreprises de la filière.
Au cœur d'enjeux majeurs
La région Occitanie est devenue "le barycentre du dérèglement climatique", selon Olivier Sarlat. Veolia achemine l'eau dans de nombreuses villes, dont Perpignan, Narbonne et Nîmes, alors que la ressource se raréfie. "Il y a encore un an, moins de 250 mm d'eau tombaient sur les Pyrénées-Orientales, une zone aride", rappelle-t-il. Par ailleurs, les épisodes cévenols provoquent des inondations. "Nous gérons le pluvial pour la Métropole de Montpellier. En cas d'épisode cévenol, grâce à un partenariat avec Predict Services, nous intervenons sur les avaloirs 24 heures sur 24", assure Marie Borni.
L'innovation au service de la gestion de l'eau
Face à la vétusté des réseaux, avec un taux de fuite moyen de 20 %, Veolia mise sur des technologies innovantes. "Nous utilisons une technique de détection de fuite par satellite. L'image nous permet de repérer les endroits où il y a une tache d'eau anormale", explique Olivier Sarlat. Sur le terrain, le drone rampant "Prédire", développé avec le CEA, avance dans les canalisations pour détecter l'encrassement et les défauts structurels. Les chiens renifleurs, dont la truffe est sensibilisée au chlore, repèrent également les fuites. "Ces outils nous permettent d'intervenir rapidement et précisément, sans ouvrir tout un linéaire du réseau, réduisant ainsi les nuisances et les coûts", souligne Marie Borni.
Veolia a aussi développé des compteurs à ultrasons pour les particuliers, offrant des télérelevés plus fiables et une détection facile des fuites. Ce procédé est en cours d'installation sur la Métropole de Perpignan. Par ailleurs, le groupe mise sur la réutilisation des eaux usées, désormais facilitée par la réglementation, avec des projets à Nîmes, Perpignan, Narbonne, Rodez et Montpellier. "L'idée est d'en diversifier les usages. La population, particulièrement ici, est prête", assure Olivier Sarlat.
Complémentarité entre déchets et énergie
Les entités "déchets" et "énergie" sont également complémentaires. "Nous trions et revalorisons les déchets pour alimenter des unités de valorisation énergétique, par exemple des réseaux de chaleur", expliquent les directeurs. Le chantier de rénovation de l'Unité de valorisation énergétique de Nîmes, lancé en mai, verra le jour au printemps 2026. Ce projet illustre la volonté de Veolia de renforcer son rôle dans la transition écologique régionale.



