Le déménagement du marché d'intérêt national (MIN) de Nice, équivalent du Rungis parisien, vers le secteur de la Baronne à La Gaude est au point mort, suscitant l'inquiétude des professionnels de l'agroalimentaire azuréen. Alors que le projet se heurte à des obstacles logistiques et juridiques, les grossistes et producteurs peinent à se projeter. Selon Pierre Ippolito, vice-président (Nouvelle énergie) de la Métropole délégué au Développement économique et à l'aménagement de la plaine du Var, « ces professionnels se retrouvent dans un entre-deux pénalisant car ils ne savent pas s'ils sont là pour cinq ans ou pour quinze ans. »
Des avancées administratives mais des blocages persistants
Sur le plan administratif, une grande partie du chemin a été parcourue. Pierre Ippolito confirme que « la maîtrise foncière est acquise » et que « le permis est purgé ». Cependant, deux obstacles majeurs freinent le lancement des travaux. D'une part, des associations ont déposé « un recours sur la partie écologique pour contester l'aménagement », explique le vice-président. D'autre part, le permis de construire a été validé sous réserve de la création de nouveaux accès routiers pour absorber le trafic de camions. « On ne peut pas déménager un MIN tant qu'on n'a pas fait les aménagements routiers », reconnaît Pierre Ippolito.
Un calendrier jugé trop long par la nouvelle équipe métropolitaine
Pour désengorger la zone, il est impératif de créer une sortie depuis la route métropolitaine 6202 bis, sous forme d'un rond-point ou d'un échangeur, et de réaménager la route de la Baronne. Pierre Ippolito dénonce un calendrier initial trop étiré : « L'ancienne équipe métropolitaine n'avait pas prévu d'avoir un MIN avant 2033-2035. » En cause, des travaux routiers préalables « qui n'étaient planifiés qu'à l'horizon 2031 ou 2032 ». Pour le vice-président, avancer ces travaux n'est qu'une « question d'arbitrage » et de « financement ».
Un objectif de livraison d'ici la fin du mandat
L'objectif affiché est de réaliser les infrastructures routières dans les deux ans. « Si on fait les aménagements d'ici 2028, ça veut dire qu'on pourrait prévoir un démarrage des travaux du MIN en 2029 », précise Pierre Ippolito, avec l'ambition de livrer le nouveau MIN de La Gaude « d'ici la fin du mandat politique en cours ». Ce nouveau calendrier, s'il est tenu, permettrait aux professionnels de sortir de l'incertitude et de moderniser leurs outils de travail.



