Transfert des orques de Marineland : pourquoi Wikie et Keijo restent à Antibes
Transfert des orques de Marineland : pourquoi le blocage persiste

Le départ des huit dauphins de Marineland vers Malaga n'a pas mis fin au feuilleton des cétacés d'Antibes. Plus de deux mois après les annonces du gouvernement, les deux orques Wikie et Keijo sont toujours dans leurs bassins, sans date de transfert.

Le Loro Parque prêt mais prudent

Interrogé par Nice-Matin, Martin Böye, directeur scientifique du Loro Parque à Tenerife, assure que le parc canarien est toujours disposé à accueillir les deux épaulards. « Réglementairement, tout est bon. Les orques d'Antibes peuvent être transférées dans un contexte biologique, il n'y a aucun problème de ce côté-là », explique-t-il.

Cependant, il redoute que le transfert ne soit de nouveau contesté une fois les animaux arrivés en Espagne. Il cite notamment la manifestation organisée en juin dernier par One Voice devant le Loro Parque comme le signe que les pressions des ONG pourraient se poursuivre.

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Un besoin de soutien politique espagnol

Le Loro Parque souhaite obtenir une prise de position publique du gouvernement central espagnol, au-delà des seules autorisations administratives. « Les recours engagés ces dernières années par les ONG, ainsi que le fait d'avoir laissé croire que des solutions alternatives aux delphinariums existaient, ont entretenu une forte incertitude. Nous voulons que tout soit parfaitement aligné. Que le gouvernement espagnol dise clairement que, pour lui aussi, c'est une bonne solution », estime Martin Böye.

Il rappelle que le Loro Parque n'est pas demandeur de ces animaux : « Nous n'avons pas besoin de deux orques supplémentaires. Si nous avons accepté de les accueillir, c'est parce que ces animaux sont aujourd'hui bloqués dans un bassin qui se dégrade et que la France nous l'a demandé. »

Le gouvernement espagnol silencieux, la chaleur complique

« Mais pour l'heure le gouvernement central espagnol ne s'est pas encore exprimé », indique Martin Böye, qui évoque une période politique compliquée en Espagne. Il ajoute : « Même si le dossier venait à se débloquer rapidement, les fortes chaleurs estivales rendent désormais le transfert des deux orques particulièrement difficile à organiser. » Une opération bien plus complexe que celle des dauphins, en raison notamment du poids des animaux et de la logistique qu'elle implique.

One Voice évoque un avis scientifique défavorable

Selon Muriel Arnal, présidente de One Voice, le blocage ne serait pas uniquement lié aux recours des associations. Elle affirme que l'autorité scientifique espagnole qui avait rendu, en avril 2025, un avis défavorable au transfert vers le Loro Parque, estimant que les conditions d'accueil n'étaient pas réunies, n'a pas changé de position depuis. Pour One Voice, le dossier serait aujourd'hui dans une impasse. « Ils sont coincés avec les orques parce qu'ils ont refusé la solution sanctuaire et que Loro Parque ne fonctionne pas ».

La piste SeaWorld refait surface

Selon les informations de Nice-Matin, Marineland a récemment repris des discussions avec SeaWorld Orlando, en Floride, alors que le transfert vers le Loro Parque demeure officiellement la solution retenue. À ce stade, impossible de savoir si ces échanges visent simplement à disposer d'une solution de secours ou s'ils témoignent d'une relance de la piste américaine. Les ONG rappellent que par le passé le parc américain avait refusé d'accueillir de nouvelles orques.

Incertitude aussi pour les quatre derniers dauphins

Le devenir des quatre derniers dauphins de Marineland reste également en suspens. Selon le parc, ils pourraient rejoindre d'ici quelques semaines l'Oceanogràfic de Valence, l'un des plus grands aquariums d'Espagne. C'est également cet établissement qui devrait accueillir, d'ici peu, six bélugas du Marineland du Canada. Christine Ringuet, de l'ONG Tilikum Spirit, affirme que le parc canadien envisagerait également d'envoyer des dauphins à Valence. « Si c'était le cas, il n'y aurait alors plus de places pour les dauphins antibois », estime-t-elle. Une hypothèse qui pourrait de nouveau rebattre les cartes quant au devenir des quatre derniers dauphins de Marineland.

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