Dans le Var, la campagne pour les élections sénatoriales s'annonce mouvementée. Alors que le duel entre Les Républicains et le Rassemblement national semblait inévitable, un nouveau duo vient bousculer les pronostics. Marc Lauriol, conseiller départemental, et Nathalie Pérez Leroux, maire de La Roque-Esclapon, ont décidé de s'unir pour former une liste indépendante, rompant avec les étiquettes politiques traditionnelles.
Une rupture assumée avec Les Républicains
Marc Lauriol, jusqu'ici délégué LR de la 6e circonscription du Var, a récemment rendu sa carte du parti. Il critique le fonctionnement des partis traditionnels : « Le système en place ne fonctionne plus, il y a un décrochage avec Paris et un rejet de la politique politicienne. Les partis n'ont pas évolué aussi vite que la société. » Il fustige également le bilan des sénateurs varois sortants, les accusant de manquer de présence sur le terrain. « Ils exercent leur mandat comme il y a 20 ans. Mais sur le terrain, que font-ils à part décerner des médailles ? »
Une « autre méthode » pour les communes
Le binôme propose une approche différente, basée sur des convictions et une organisation solide. Marc Lauriol estime que les maires sont souvent isolés face aux difficultés : « Prenez Arnaud Latil à Carqueiranne, le préfet l'a traité comme un gamin. On aurait pu être plus présent. » Nathalie Pérez Leroux, de son côté, souhaite s'attaquer à la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR), qu'elle juge mal ciblée et insuffisante. « Sur les 153 communes du Var, 102 en profitent alors qu'elles ne sont pas toutes rurales. Si on obtenait plus de dotations, les maires seraient moins dépendants aux subventions. »
Priorités : abroger la loi SRU et mieux soutenir les maires
Marc Lauriol a une autre priorité : l'abrogation de la loi SRU, qu'il qualifie de « loi scélérate et punitive ». Selon lui, cette loi impose des amendes aux communes qui ne construisent pas de logements sociaux, tout en les empêchant de construire. « Il faut abroger la loi SRU, une loi qui ne sert qu'à prélever des taxes. »
Une campagne de terrain pour convaincre les indécis
Le duo a déjà rencontré 54 maires et prévoit de rencontrer tous les autres, des grandes villes aux plus petites communes. Leur objectif : convaincre les quelque 500 grands électeurs encore indécis d'ici le 27 septembre, jour du scrutin. Marc Lauriol affirme que la liste du Rassemblement national, menée par Frank Giletti, et celle des Républicains, portée par Françoise Dumont, ne doivent pas monopoliser l'attention. « Nous sommes le seul réel duo, de A à Z », insistent-ils.
Des critiques et des accusations
La sénatrice LR sortante Françoise Dumont voit d'un mauvais œil cette liste dissidente et s'en est plainte auprès de Jean-Louis Masson, président du Département. Marc Lauriol rétorque : « Elle veut me donner des leçons d'éthique, mais c'est comme si le capitaine du Titanic me donnait des cours de navigation. » Des accusations de conflit d'intérêts ont également été évoquées, en raison du rôle de Lauriol au Département, chargé de distribuer 56 millions d'euros d'aide aux communes. Il se défend : « Le déontologue du Département n'en voit aucun. J'ai interrompu ma mission entre le 26 juin et le 1er octobre pour ne pas brouiller le message. »
Reste à savoir si leurs calculs électoraux seront justes. Une chose est sûre : la bataille pour les sièges de sénateurs varois s'annonce serrée, et le duo Lauriol-Pérez Leroux entend bien y jouer un rôle décisif.



