Ancien chef d’entreprise et ex-président de la zone d’activité de Toulon-est, Serge Ternoir vient d’être nommé référent local d’Anticor, l’association contre la corruption et pour l’éthique en politique. Objectif : rendre le Var meilleur en termes de pratiques politiques.
Un département parmi les plus touchés par la corruption
Selon une étude du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) publiée en avril dernier, le Var est l’un des départements où le nombre moyen d’atteintes à la probité est le plus élevé, avec Paris ou les Bouches-du-Rhône. Serge Ternoir affirme avoir lui-même subi des pressions et malversations en tant qu’entrepreneur. « Je n’ai pas de casserole », assure-t-il, après avoir été « cuisiné » par le comité éthique d’Anticor avant sa nomination.
Un parcours marqué par l'injustice
Serge Ternoir a adhéré à Anticor il y a environ deux ans, après avoir vendu son entreprise et pris sa retraite. L’an passé, le précédent référent l’a contacté pour lui proposer de le remplacer, car ce dernier se présentait sur une liste municipale à Hyères. « Après avoir été conseiller aux prud’hommes pendant seize ans, cette nouvelle mission m’intéressait. L’injustice, ça me dépasse ! », déclare-t-il.
Des dossiers en cours et un fonctionnement rigoureux
Interrogé sur d’éventuels élus dans le viseur, Serge Ternoir répond : « Oui, bien sûr, mais je ne peux pas vous dire lesquels. Nous sommes sur un gros dossier concernant un bailleur social varois. » Le fonctionnement d’Anticor repose sur les signalements de citoyens. Le référent local rassemble des éléments et témoignages, puis transmet le dossier à Paris, où les instances nationales décident des suites. « Si elles en décident ainsi, je peux être amené à déposer le dossier au tribunal », précise-t-il.
Une prise de conscience mais des défis persistants
Serge Ternoir note une évolution positive : « On voit apparaître dans les conseils municipaux des délégations dédiées à la probité, comme à Toulon. Les élus savent que quelqu’un veille. » Toutefois, il ajoute : « Les “politiques politiques”, ils s’en foutent un peu ! »
Un processus de sélection rigoureux
Interrogé sur les affaires ayant touché d’anciens référents, Serge Ternoir reconnaît que « ça laisse des traces ». Il explique que son profil d’ancien chef d’entreprise a « un peu perturbé les instances parisiennes » lors de sa désignation. Mais le comité éthique l’a « bien cuisiné : c’est plus compliqué de devenir référent Anticor que sénateur ! » Il assure n’avoir « pas de casserole » et n’être « pas partisan ».



