Seb lance un plan de restructuration massif avec 500 suppressions d'emplois en France
Seb supprime 500 postes en France dans un plan d'économies mondial

Seb lance un vaste plan de restructuration avec 500 postes supprimés en France

Le groupe français d'électroménager Seb, propriétaire des marques emblématiques Moulinex, Tefal et Rowenta, dévoile un plan d'économies d'une ampleur considérable. Cette restructuration prévoit la suppression de jusqu'à 2 100 postes à l'échelle mondiale, dont 500 spécifiquement sur le territoire français. L'objectif déclaré est de renouer avec une croissance rentable et de faire face à un environnement concurrentiel de plus en plus intense, particulièrement marqué par la montée en puissance des acteurs asiatiques.

Une réponse à un "accident" de rentabilité en 2025

Stanislas de Gramont, le directeur général du groupe, a présenté ce plan aux organisations syndicales ce mercredi, en marge de la publication des résultats financiers de l'année 2025. Il a justifié cette décision difficile par la nécessité de "retrouver" une "trajectoire de croissance rentable". "Notre première priorité, c'est de redresser la rentabilité […], parce que nous avons connu un accident en 2025", a-t-il expliqué à l'Agence France-Presse. Il a toutefois assuré que la production en France "n'est pas concernée" par ces suppressions et qu'"il n'y aura pas de départs contraints".

Des résultats financiers en demi-teinte

L'exercice 2025 a été mitigé pour le groupe Seb. Le chiffre d'affaires a reculé de 1,2%, s'établissant à 8,17 milliards d'euros. Si le bénéfice net part du groupe affiche une augmentation de 5,6% à 245 millions d'euros, cette progression est qualifiée de "trompe-l'œil". En effet, elle s'explique en grande partie par une amende de près de 190 millions d'euros infligée en 2024 par l'autorité de la concurrence pour entente. Sans cette pénalité, la performance de 2025 aurait été moins flatteuse. Le résultat opérationnel, qui exclut cette sanction, a, lui, chuté de 25%.

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Adapter l'entreprise à un marché qui "accélère"

Selon Stanislas de Gramont, cette baisse de rentabilité est attribuable à des difficultés sur le marché américain et à un environnement perturbé par les droits de douane. Mais au-delà de ces facteurs conjoncturels, il pointe une "transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs" et une "accélération des cycles d'innovation". Pour y répondre, le groupe ambitionne de "réduire de 30% le temps de mise en marché" de ses innovations. Une stratégie qui passe par un rapprochement des équipes de recherche et développement des zones de production, alors qu'aujourd'hui "50% de ce qui est produit en Asie" est développé en France.

Les impacts sur l'emploi en France et en Europe

En France, les suppressions de postes toucheront principalement les "activités support" telles que la finance, les ressources humaines, la logistique, le marketing ou le développement produit. Sept entités juridiques sont potentiellement concernées, incluant des sites à Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne), Rumilly (Haute-Savoie) ainsi que le siège social à Ecully, dans la périphérie lyonnaise. Le directeur général a précisé que "l'intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations".

Au niveau européen, jusqu'à 900 postes supplémentaires pourraient être supprimés. Des discussions ont été engagées avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, concernant "l'avenir de la production sur trois usines" et certains points de vente. Hors d'Europe, les 700 postes menacés seront "répartis de manière égale", avec un impact plus marqué dans des pays comme l'Égypte, la Turquie ou le Brésil.

Un plan stratégique aux objectifs ambitieux

Ce plan d'action global comprend également des économies sur les achats, l'amélioration de l'efficacité industrielle et "l'optimisation des frais de structure". L'ensemble de ces mesures "seront réalisées au plus tard en 2027", a indiqué M. De Gramont. L'année 2028 devrait être la première où le groupe bénéficiera pleinement des 200 millions d'euros d'économies annuelles attendues.

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Le groupe, qui anticipe une croissance de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme "renouer avec sa trajectoire historique". L'objectif est d'atteindre une croissance organique annuelle des ventes de 5% et une marge opérationnelle de 10%, pour ensuite tendre vers 11%, contre 7,4% en 2025. Pour accélérer sa relation avec les consommateurs, Seb prévoit notamment de "tripler" sa présence sur les réseaux sociaux, un effort qui passera par "l'intégration progressive de l'intelligence artificielle" dans ses métiers marketing.