Donald Trump a porté vendredi 14 août devant la Cour suprême des États-Unis le litige concernant la construction d'une salle de bal à la Maison-Blanche, après que la Cour d'appel de Washington a ordonné, le 7 août, la suspension des travaux au plus tard le 21 août. C'est la première fois que la plus haute juridiction du pays doit se prononcer sur un projet-phare du président.
Un projet contesté et suspendu par la justice
Le projet de salle de bal, d'une superficie de plus de 8 000 m² et d'un coût estimé à plus de 900 millions de dollars, prévoit la démolition de l'aile Est, engagée en octobre 2025. Il s'agit du plus grand chantier entrepris sur les lieux depuis plus d'un siècle. Cependant, les travaux ont été lancés sans autorisation préalable, ce qui a conduit à de nombreux recours devant les tribunaux.
Dès décembre 2025, le National Trust, un organisme non lucratif chargé par le Congrès de préserver le patrimoine national, a demandé à la cour fédérale de suspendre le chantier tant qu'il n'aurait pas obtenu l'aval du Congrès et fait l'objet de contrôles. Un juge fédéral a statué en ce sens quelques mois plus tôt, ordonnant la suspension des travaux. L'administration Trump a fait appel, mais la Cour d'appel de Washington a confirmé la décision du juge fédéral.
Des arguments inédits pour justifier le projet
Le jour même de la saisine de la Cour suprême, l'administration a déployé des arguments inédits pour justifier l'importance du projet. Donald Trump a lié la salle de bal à un projet séparé d'abri militaire souterrain, évoquant une « salle de bal/complexe militaire ». Selon lui, les deux parties fonctionnent comme un tout et ne peuvent pas être construites séparément. Comme le relève le Washington Post, cela contredit les déclarations de sa propre administration qui assurait, l'an dernier, que les deux chantiers pouvaient se faire séparément. Les tribunaux ont accepté la demande de la Maison-Blanche de construire l'abri souterrain.
Le secrétaire à l'Armée, Daniel P. Driscoll, a transmis une déclaration écrite sous serment au Congrès, défendant la nécessité de construire une salle de bal au-dessus de l'abri militaire. Il a évoqué les tentatives d'assassinat contre Donald Trump pour imaginer une attaque de la Maison-Blanche : « Du point de vue du génie civil, cette couche extérieure contraint la détonation à se produire à une distance précise, créant un espace d'air critique appelé distance de sécurité. »
Le secrétaire d'État Marco Rubio a justifié le projet en évoquant des « hébergements portables insalubres et dangereux, indignes de notre prestige national » qui seraient utilisés pour recevoir les visiteurs officiels de la Maison-Blanche.
Un calendrier ambitieux et une décision judiciaire attendue
Selon le calendrier de l'administration, les travaux de la salle de bal doivent s'achever à l'été 2028, soit quelques mois avant la fin du mandat de Donald Trump. Mais c'est la justice qui décidera si oui ou non, ce dernier pourra y danser.



