La commune de Saint-Tropez intensifie sa lutte contre l'usurpation de sa marque, avec 33 dossiers traités et 527 000 euros collectés en 2025. Cependant, l'opposition municipale réclame des sanctions financières plus dissuasives pour les contrevenants.
Une marque mondiale, une protection difficile
Le nom « Saint-Tropez » se décline à l'infini sur les sacs, casquettes, bougies, parfums et vêtements, des vitrines de la Presqu'île aux grandes enseignes internationales, jusqu'à une boutique de souvenirs en Slovénie. Cette appropriation mondiale est difficilement contrôlable pour la municipalité, qui traque et réprimande les mauvais élèves depuis plusieurs années.
Christophe Coutal, troisième adjoint, a présenté les récentes conventions négociées avec plusieurs groupes français et étrangers. « Sur les exploitations non autorisées, nous avons récupéré 33 dossiers grâce à des dénonciations ou des photos prises par d'autres commerçants. On en a déjà résolu 20. C'est prometteur pour la suite », a-t-il déclaré.
Des négociations fructueuses, mais des critiques
La municipalité a contacté 196 entreprises. Certaines retirent directement la marchandise, d'autres négocient et aboutissent à un accord. En deux ans, une cinquantaine de marques ont signé avec la commune, un bilan jugé « satisfaisant » par la maire, qui a félicité ses équipes : « C'est une lutte quotidienne et vous y dédiez une grande partie de votre temps. »
Cependant, Jean-Baptiste Giordana, chef de file du groupe minoritaire, a décelé une incohérence dans les contrats : « Actuellement, les redevances sont à 8 % pour ceux qui ont triché mais aussi pour ceux qui ne l'ont pas fait. Il faudrait peut-être sévir avec les tricheurs. Quand ils sont pris sur le fait, on pourrait les punir à 12 %, 16 % ou même 20 % », a-t-il condamné.
La maire défend sa politique
La maire a répondu : « Les commerçants ne sont pas tous des filous. Ils essayent d'abord de gagner leur vie. Ils font leur job, nous le nôtre. La punition, ce n'est pas quelque chose que l'on doit aborder ici. Nous sommes surtout là pour développer la marque. »
Christophe Coutal a rappelé que les redevances « peuvent être rétroactives », à condition « que les dirigeants soient d'accord pour le faire ». Il a ajouté : « C'est un puits sans fond, on négocie tous les jours mais c'est compliqué. Et quand ils se rétractent, ils se punissent aussi. En 2025, on a quand même rentré 527 000 euros ! »
Des chiffres contestés
Jean-Baptiste Giordana a contesté ce montant : « Dans ce nombre, vous comptez aussi les 400 000 euros des Voiles donc on est plus qu'à 120 000 pour une trentaine de marques… » Une perception différente dans le camp majoritaire. « Nous avons aussi renégocié cette redevance qui est bien plus grosse qu'avant. Aujourd'hui, évidemment, c'est notre plus gros montant mais ce n'est pas sans effort », a contrasté Christophe Coutal.



