Robertet, dernier seigneur des parfums de Grasse, résiste aux géants
Robertet, dernier seigneur des parfums de Grasse

Robertet, dernière grande maison de parfums indépendante à Grasse, affiche une santé éclatante. Le groupe familial, fondé en 1850, a enregistré un chiffre d'affaires de 720 millions d'euros en 2023, en hausse de 12 % par rapport à l'année précédente. Cette performance contraste avec la tendance générale du secteur, marquée par une consolidation accrue et la domination des multinationales.

Un modèle indépendant qui paie

Contrairement à ses concurrents, souvent rachetés par des géants comme L'Oréal ou Estée Lauder, Robertet a choisi de rester indépendant. Cette stratégie, jugée risquée il y a quelques années, s'avère payante. L'entreprise contrôle toute sa chaîne de production, de la culture des fleurs à la fabrication des essences, ce qui lui permet de garantir une qualité irréprochable et une traçabilité totale.

Le groupe a investi massivement dans ses propres champs de roses, de jasmin et de fleurs d'oranger dans la région de Grasse, mais aussi en Turquie, en Bulgarie et au Maroc. Cette intégration verticale est un atout majeur dans un contexte de raréfaction des matières premières et de hausse des coûts.

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Une croissance soutenue par l'export

Robertet réalise 85 % de son chiffre d'affaires à l'export, notamment vers les États-Unis, l'Asie et le Moyen-Orient. La demande pour les parfums de niche, portée par une clientèle en quête d'authenticité et de savoir-faire, ne cesse de croître. Le groupe a su capitaliser sur cette tendance en développant des collections exclusives et en collaborant avec des créateurs de renom.

« Notre indépendance nous permet d'être plus réactifs et de prendre des décisions à long terme, sans pression des actionnaires », explique Christophe Maubert, directeur général de Robertet. « Nous investissons chaque année 10 % de notre chiffre d'affaires en recherche et développement, un taux bien supérieur à la moyenne du secteur. »

Un ancrage local et une vision durable

L'entreprise reste profondément attachée à ses racines grassoises. Elle emploie 350 personnes sur son site historique, où se côtoient laboratoires, ateliers de production et champs de fleurs. Robertet s'engage également dans une démarche de développement durable, en privilégiant les circuits courts et en soutenant les agriculteurs locaux.

Le groupe a par ailleurs lancé un programme de reforestation dans la région, visant à planter 10 000 arbres d'ici 2025. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de préserver la biodiversité et de lutter contre le changement climatique, tout en assurant la pérennité de ses approvisionnements.

Des perspectives prometteuses

Fort de ces résultats, Robertet envisage de nouvelles expansions, notamment en Asie, où la demande pour les produits de luxe explose. Le groupe prévoit d'ouvrir une filiale à Shanghai et de renforcer sa présence en Corée du Sud et au Japon. « Nous avons encore un fort potentiel de croissance, estime Christophe Maubert. Notre modèle unique nous permet de séduire une clientèle exigeante, en quête de sens et de qualité. »

Dans un secteur dominé par quelques grands groupes, Robertet fait figure de résistant. La maison grassoise prouve qu'il est possible de conjuguer tradition et innovation, et de prospérer sans sacrifier son indépendance. Une leçon qui inspire d'autres acteurs de l'industrie française du luxe.

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