Présidentielle 2027 : le RN face au casse-tête du financement
RN : le casse-tête du financement pour 2027

À moins de trois ans de l'élection présidentielle de 2027, le Rassemblement national (RN) se heurte à un obstacle de taille : le financement de sa campagne. Selon une enquête du Point publiée le 23 octobre 2024, le parti d'extrême droite peine à réunir les fonds nécessaires pour mener une campagne présidentielle compétitive. Les difficultés sont multiples : refus des banques de prêter, plafonnement des dons et méfiance des grands donateurs.

Un modèle de financement sous tension

Le RN fonctionne principalement grâce aux subventions publiques, qui représentent environ 11 millions d'euros par an, et aux dons des particuliers, plafonnés à 7 500 euros par personne et par an. Cependant, pour une présidentielle, les besoins sont bien plus élevés. En 2022, la campagne de Marine Le Pen avait coûté près de 15 millions d'euros, dont une partie avait été financée par un prêt russe controversé. Aujourd'hui, ce prêt est remboursé, mais les banques françaises refusent toujours de prêter au RN, le jugeant trop risqué.

Jordan Bardella, président du parti, a reconnu dans une interview à Le Figaro que "le financement est un défi permanent". Il a ajouté : "Nous devons trouver des solutions innovantes pour ne pas dépendre des banques." Le RN envisage notamment de lancer une souscription nationale auprès de ses sympathisants, comme l'avait fait François Bayrou en 2007.

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Les limites des dons et des prêts

Les dons des particuliers sont limités par la loi, et le RN ne peut pas compter sur les entreprises, qui n'ont pas le droit de financer les partis politiques en France. En 2022, le parti avait reçu environ 2 millions d'euros de dons, loin des 10 millions espérés. "Nous avons besoin de 20 à 30 millions d'euros pour une campagne présidentielle sérieuse", estime un cadre du RN sous couvert d'anonymat.

Le parti explore également la piste des prêts à l'étranger, mais celle-ci est risquée. En 2017, le prêt de 9 millions d'euros accordé par une banque tchèque avait suscité une polémique. "Nous ne répéterons pas l'erreur du prêt russe", assure un conseiller de Marine Le Pen, cité par Le Point. "Nous cherchons des financements transparents et légaux."

Une situation critique pour 2027

Selon les experts, le RN pourrait être contraint de réduire ses dépenses de campagne, ce qui limiterait sa visibilité. "Sans argent, pas de meetings, pas de clips, pas de militants payés", explique un spécialiste du financement politique interrogé par Le Point. "Le RN risque d'être désavantagé face à un candidat comme Emmanuel Macron, qui peut compter sur des financements publics et privés."

Le parti mise sur une augmentation des adhésions et des petits dons via Internet. En 2023, le RN a lancé une plateforme de dons en ligne, qui a rapporté 500 000 euros en six mois. "C'est encourageant, mais insuffisant", reconnaît un porte-parole du parti. "Nous devons multiplier par dix ce montant d'ici 2027."

Le spectre de l'échec financier

Pour l'instant, le RN n'a pas encore désigné son candidat pour 2027, mais Marine Le Pen fait figure de favorite. Elle devra toutefois composer avec les contraintes financières. "Si nous ne trouvons pas de solution, nous pourrions être contraints de faire une campagne minimaliste", prévient un député RN. "Ce serait un aveu de faiblesse."

Le parti espère aussi un changement législatif pour assouplir les règles de financement, mais le gouvernement actuel n'y est pas favorable. "Nous sommes dans une impasse", conclut l'expert. "Le RN doit innover ou risquer l'échec."

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