La fintech britannique Revolut a révélé mercredi avoir été victime d'une usurpation d'identité sophistiquée, conduisant à la transmission de données de 680 clients à un tiers non autorisé se faisant passer pour une agence gouvernementale. Selon une source proche du dossier, les clients touchés sont répartis dans plusieurs pays européens, et la banque assure que « les fonds des clients ne sont pas affectés ».
Une escroquerie sophistiquée impliquant une fausse agence gouvernementale
Revolut a expliqué que « un tiers non autorisé a utilisé l'adresse e-mail de domaine d'une agence gouvernementale légitime pour soumettre de fausses demandes d'information ». Dès la détection de cette activité, la banque a « immédiatement bloqué l'adresse et alerté l'agence gouvernementale concernée, les forces de l'ordre, les autorités de protection des données et les régulateurs financiers », selon un porte-parole.
Le régulateur britannique de la protection des données (ICO) a confirmé à l'AFP avoir « reçu un signalement » et examiné les informations fournies. Revolut a également précisé avoir « contacté directement le nombre limité de personnes impactées ».
Des données sensibles exposées, notamment liées aux bitcoins
Selon le Financial Times, la fuite de données concerne des adresses, des photos de vérification, des pièces d'identité et des informations relatives à l'activité liée aux bitcoins. Le quotidien financier affirme avoir été en contact avec les pirates informatiques qui auraient échangé des courriels avec la banque pendant plusieurs mois sous cette fausse identité, ciblant des clients détenant d'importants volumes de cryptoactifs, notamment en Suisse et en France.
Revolut face à son expansion rapide et aux critiques réglementaires
Fondée en 2015, Revolut revendique plus de 80 millions de clients dans le monde et a été une pionnière des services financiers sur smartphone, se concentrant initialement sur le change de devises et les transferts d'argent simplifiés. Sa croissance rapide a suscité des critiques quant à sa capacité à respecter les réglementations financières, notamment en matière de fraude et de blanchiment d'argent.
La néobanque a obtenu en juillet une licence bancaire en Australie, puis une autorisation conditionnelle aux États-Unis début septembre. Elle a annoncé mercredi avoir déposé une demande de licence en Suisse. Le Royaume-Uni a été frappé l'an dernier par une vague de cyberattaques visant notamment Jaguar Land Rover, Marks & Spencer, Harrods et la chaîne Co-op.



