« Je crois que c’est la plus belle façon de célébrer un 14-Juillet. Ce n’est que de la joie. » Une pancarte dans une main, un drapeau français dans l’autre, Hélène ne quitte pas des yeux le porte-hélicoptères amphibie Dixmude qui approche lentement du quai de Toulon. À son bord se trouve sa fille, Marthe-Flavie, enseigne de vaisseau de 23 ans, de retour de sa toute première mission opérationnelle.
Partie il y a cinq mois dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc avec une centaine d’élèves officiers de la Marine nationale, la jeune femme retrouve enfin les siens. Pour ce moment tant attendu, toute la famille a fait le déplacement depuis Bruxelles, où elle vit désormais. Son père, Jean-Emmanuel, ses sœurs Anne-Béatrix et Marie-Caroline, ainsi que leur ami Rodolphe, patientent avec une seule envie : la serrer dans leurs bras.
Un sentiment commun de fierté
Mais avant les retrouvailles, c’est un autre sentiment qui envahit le quai : la fierté. « Tous les officiers ont accompli leur mission pour la France et ont achevé leur formation. Après tout ce temps passé loin d’elle, j’ai hâte de lui dire à quel point je suis fier », confie Jean-Emmanuel, sans parvenir à cacher son émotion.
Autour de lui, des dizaines de familles partagent cette même attente. Des regards tournés vers le navire et quelques larmes discrètes se perçoivent alors que chacun compte les dernières minutes avant le retour. Julien et Valérie sont, eux aussi impatients à l’idée d’accueillir leur fils Kévin, fraîchement sorti de l’École des mousses. Comme les autres parents, ils guettent le moindre mouvement sur le pont du Dixmude.
Embrassades, larmes et émotion
Puis, peu après 8 heures, le silence est brisé par les tirs de canon et les notes de la cornemuse. La mission est officiellement terminée. L’attente aussi. Quelques instants plus tard, les premiers marins posent le pied à quai. Place aux embrassades, aux éclats de rire, et de larmes aussi. Cinq mois d’absence qui, finalement, disparaissent en quelques secondes.
« Ça fait tellement de bien de se retrouver après tout ce temps », souffle Florian en serrant contre lui sa compagne Priscillia et leur fille Louna, âgée de 4 ans. Pour la petite fille, c’était la première longue mission de son père. « Nous n’avons jamais été séparés aussi longtemps. Maintenant, on ne va plus se lâcher », sourit-il.
Dans un monde marqué par les tensions internationales, ces cinq mois ont parfois semblé interminables pour ceux restés à terre. Mais ce 14 juillet, sur le quai de Toulon, il n’était plus question de distance ni d’inquiétude. Seulement de retrouvailles, de fierté et d’amour. Comme un symbole pour ce jour de fête.
La mission Jeanne d’Arc 2026
« Au cours de ces cinq mois de mission, le groupe amphibie a été projeté en Méditerranée Orientale, en mer Rouge, jusqu’en Indo-pacifique. La mission Jeanne d’Arc vise à offrir aux officiers-élèves embarqués une formation opérationnelle concrète et “en situation”, ainsi qu’à entretenir des partenariats stratégiques avec les partenaires des régions visitées », explique le ministère des Armées.
À quai, le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu dresse le bilan d’une mission qu’il qualifie de « réussite ». « Nous avons mené à bien la formation de ces jeunes officiers dans un contexte international particulièrement tendu. Ils y étaient préparés et ont su faire preuve de sang-froid, notamment lors de notre passage en mer Rouge. »
Au-delà des exercices et des opérations, c’est surtout l’expérience humaine qui restera gravée dans les mémoires du commandant. « L’aventure humaine a été extraordinaire. Je peux dire que chacun de ces officiers a accompli son devoir. Ils peuvent désormais rejoindre leur affectation avec l’expérience, la confiance et la légitimité acquises au cours de cette mission. »



