Dans un rapport rendu public ce mercredi, la Cour des comptes a vivement critiqué l'opération de reprise à 100 % d'EDF par l'État, réalisée en 2023. L'institution estime que cette nationalisation a été « une opération coûteuse dont l'utilité n'est pas démontrée à ce jour ».
Un coût élevé pour les finances publiques
L'État a déboursé près de 10 milliards d'euros pour racheter les actions détenues par les actionnaires minoritaires. La Cour des comptes souligne que cette somme aurait pu être utilisée pour d'autres priorités, comme la transition énergétique ou le pouvoir d'achat. De plus, l'opération a alourdi la dette publique, déjà sous pression.
Des objectifs flous
Le rapport pointe également un manque de clarté sur les objectifs de cette nationalisation. « L'État n'a pas défini de stratégie industrielle claire pour EDF après son retour dans le giron public », note la Cour. Les conséquences sur la production d'électricité, les tarifs et l'investissement restent incertaines.
Un contrôle insuffisant
La Cour des comptes déplore que l'État actionnaire n'ait pas renforcé son contrôle sur la gestion d'EDF. Les dérives financières et les retards dans les projets nucléaires, notamment à Flamanville, persistent. L'institution appelle à une meilleure gouvernance et à des objectifs chiffrés.
Un contexte politique tendu
Cette critique intervient alors que le gouvernement défendait cette nationalisation comme un moyen de maîtriser la production d'électricité et de garantir la souveraineté énergétique. L'opposition a déjà saisi cette occasion pour réclamer des comptes au ministre de l'Économie.
En conclusion, la Cour des comptes recommande de tirer les leçons de cette opération et de définir une véritable stratégie pour EDF, sous peine de voir l'entreprise continuer à peser lourdement sur les finances publiques sans bénéfice tangible pour les consommateurs.



