Une commission d'experts mandatée par le gouvernement français a rendu un rapport choc le 15 juillet 2026, proposant des mesures radicales pour réduire la dépendance numérique de la France. Parmi les recommandations figurent une prise de participation de l'État dans la start-up d'intelligence artificielle Mistral AI et un moratoire sur la construction de data centers par des entreprises étrangères.
Une prise de participation de l'État dans Mistral AI
Le rapport, intitulé « Dépendances numériques : comment reconquérir notre souveraineté », préconise que l'État français prenne une participation minoritaire mais significative dans Mistral AI, valorisée à plus de 6 milliards d'euros en 2026. Selon les experts, cette entrée au capital permettrait de garantir que les technologies développées par la start-up restent sous contrôle français et ne soient pas acquises par des acteurs étrangers, notamment américains ou chinois.
Un moratoire sur les data centers étrangers
La commission propose également un moratoire de deux ans sur la construction de nouveaux data centers par des entreprises non européennes, afin de limiter l'emprise des géants du cloud américains comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud. Actuellement, 75 % des données françaises sont hébergées par des entreprises étrangères, selon le rapport. Le moratoire serait accompagné d'un plan d'investissement de 5 milliards d'euros pour développer une infrastructure cloud souveraine.
Renforcer la filière française du cloud
Le rapport recommande de soutenir les acteurs français du cloud comme OVHcloud et Scaleway, avec des commandes publiques et des incitations fiscales. « Nous devons créer un champion européen du cloud, capable de rivaliser avec les hyperscalers américains », a déclaré le président de la commission, Jean-Pierre Dubois, lors de la présentation du rapport.
Des réactions mitigées
Les propositions ont suscité des réactions contrastées. Le ministre de l'Économie a salué un « rapport audacieux qui pose les bonnes questions », tandis que des syndicats d'entreprises du numérique ont critiqué un « repli protectionniste ». De son côté, Mistral AI s'est dit « ouvert à un partenariat avec l'État, à condition qu'il respecte notre indépendance opérationnelle ».
Un enjeu de souveraineté numérique
La commission souligne que la dépendance numérique de la France s'est accrue ces dernières années, avec une multiplication par trois des importations de services cloud entre 2020 et 2025. Le rapport appelle à une « prise de conscience collective » et à une « stratégie nationale de souveraineté numérique » incluant la formation, la recherche et le financement de startups.



