L'Institut du cancer de Montpellier (ICM) a officiellement inauguré le 10 septembre son service de radiothérapie pédiatrique entièrement repensé. Objectif : minimiser les traumatismes liés à cette thérapie et à ses pathologies associées. Un robot accompagnant, un parcours de soins revisité et une décoration sur le thème de la conquête spatiale font partie des nouveautés.
Un écosystème dédié aux enfants et à leurs proches
Le service de radiothérapie pédiatrique de l'ICM, dédié aux enfants et adolescents âgés de 3 à 18 ans, a été revu de fond en comble. Le dispositif mêle un parcours de soins revisité, une décoration du service ajustée sur le thème de la conquête spatiale, appliquée par les artistes Al Sticking et Hista, et un accompagnement ad hoc des petits patients et de leurs proches avec le renfort d'un robot presque androïde nommé Mikori. Ce dernier a été développé par Enchanted Tools, une jeune pousse parisienne spécialisée dans la robotique.
L'inauguration s'est déroulée en présence des professionnels du service et d'une dizaine de mécènes qui ont permis de financer cette idée émise il y a quatorze ans par une praticienne de l'établissement. « Nous sommes ici autour d'un projet qui nous tient tellement à cœur : celui des enfants atteints d'un cancer. C'est une vraie aventure humaine avec les enfants, les familles… », a rappelé le professeur et directeur général Marc Ychoux.
Un robot pour accompagner les patients pendant les séances
Le professeur et chef du service David Azria a souligné l'importance de cette prise en charge : « Un cancer est un moment souvent dramatique pour l'enfant et sa famille. Soixante à soixante-dix pour cent des enfants atteints vont avoir de la radiothérapie et vont guérir. On ne traite pas seulement un enfant mais toute la cellule familiale ». Il a également loué cette « chance extraordinaire » d'avoir à disposition une équipe avançant dans un sens unique et de concert entre secrétaires, médecins, aides-soignantes, infirmières et manipulateurs.
Mikori, l'automate doué d'une certaine parole, accompagne le patient du début à la fin de sa séance. Il est le seul à même de rester à ses côtés pendant l'irradiation de la zone et des cellules ciblées. Avant de pouvoir l'envoyer auprès du patient placé sur la table de l'accélérateur linéaire, il a fallu s'assurer de sa parfaite « étanchéité » aux particules. Le robot peut ensuite ressortir de cette pièce baptisée « le bunker » par les blouses blanches, où des graffs et dessins muraux ont été apposés pour « adoucir » un environnement de prime abord antagonique.
Un dispositif au service de la guérison
L'ICM utilise six appareils de radiothérapie. Ce traitement locorégional des cancers utilise des rayons pour détruire les cellules cancéreuses et bloquer leur capacité à se répliquer. Elle permet en outre de cibler des zones très précises sans endommager les cellules saines, contrairement à la chimiothérapie. Ce nouvel écosystème vise à réduire les traumatismes liés à la thérapie et à ses pathologies associées, pour les enfants et leurs familles.



