Alors que les cours du pétrole augmentent, certains analystes estiment que cela pourrait aider l'économie russe. Mais pour l'économiste Agathe Demarais, cette vision est erronée. Dans une analyse récente, elle souligne que la Russie fait face à un épuisement de ses réserves financières, ce qui limite sa capacité à amortir les chocs économiques.
Une dépendance au pétrole problématique
La Russie dépend fortement des revenus pétroliers pour financer son budget. Cependant, même avec une hausse des prix, les recettes supplémentaires ne suffiront pas à compenser les pertes liées aux sanctions internationales et à la baisse des exportations. Selon Demarais, le pays a déjà puisé dans ses fonds souverains pour soutenir son économie, et ces réserves s'amenuisent rapidement.
Des réserves en déclin
Le Fonds de bien-être national russe, qui sert de filet de sécurité, a diminué de manière significative. Les experts estiment qu'à ce rythme, il pourrait être épuisé d'ici deux à trois ans. Cela signifie que Moscou aura moins de marges de manœuvre pour faire face à de nouvelles crises économiques ou pour financer ses dépenses militaires.
Sanctions et isolement
Les sanctions occidentales limitent l'accès de la Russie aux technologies et aux marchés financiers. Même avec un pétrole plus cher, les entreprises russes peinent à exporter et à investir. L'isolement économique réduit l'efficacité des gains pétroliers, car une partie importante des revenus est bloquée ou réinvestie dans des secteurs moins rentables.
Un impact limité sur la population
La hausse du pétrole ne profite pas directement aux citoyens russes. L'inflation reste élevée, et le pouvoir d'achat diminue. Les ménages subissent les conséquences de la stagnation économique, tandis que le gouvernement concentre ses dépenses sur la défense et la sécurité.
En conclusion, Agathe Demarais affirme que la Russie ne peut pas compter sur une simple hausse des prix du pétrole pour résoudre ses difficultés structurelles. Sans réformes profondes et une réintégration dans l'économie mondiale, le pays risque une stagnation prolongée.



