Privatisation de TAP : Air France-KLM et Lufthansa en lice
Privatisation de TAP : Air France-KLM et Lufthansa en lice

Les deux géants européens du transport aérien, Air France-KLM et Lufthansa, ont officiellement soumis leurs offres pour l'acquisition de la compagnie nationale portugaise TAP Air Portugal, a annoncé le ministère des Finances portugais ce jeudi 30 juillet 2026. Cette privatisation, attendue depuis plusieurs années, pourrait rapporter jusqu'à 2,5 milliards d'euros à l'État portugais.

Offres concurrentes sur la table

Selon des sources proches du dossier, l'offre d'Air France-KLM porterait sur une reprise intégrale de la participation de l'État (72,5 % du capital) pour un montant estimé à 1,8 milliard d'euros, tandis que Lufthansa proposerait 1,6 milliard pour une participation majoritaire de 55 %. Les deux groupes s'engagent à maintenir le siège social à Lisbonne et à préserver les emplois pendant au moins cinq ans.

Le secrétaire d'État portugais aux Finances, João Silva, a déclaré : « Nous examinons attentivement les deux propositions. L'objectif est de garantir la viabilité à long terme de TAP tout en maximisant la valeur pour les contribuables. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Repères et enjeux

Fondée en 1945, TAP Air Portugal transporte environ 15 millions de passagers par an et emploie 8 000 personnes. La compagnie a bénéficié de plusieurs plans de sauvetage depuis la crise du Covid-19, avec une recapitalisation de 1,2 milliard d'euros en 2021. Sa privatisation s'inscrit dans le programme de cessions d'actifs publics exigé par la Commission européenne en échange des aides d'État.

Pour Air France-KLM, l'acquisition de TAP renforcerait sa position sur les marchés sud-américain et africain, où la compagnie portugaise est bien implantée. Lufthansa, de son côté, cherche à étendre son réseau vers le Brésil et les pays lusophones.

Calendrier et perspectives

Le gouvernement portugais prévoit d'annoncer le vainqueur d'ici la fin de l'année 2026. Une troisième offre, émanant du consortium IAG (propriétaire de British Airways et Iberia), aurait été retirée en raison de désaccords sur les conditions sociales. Les syndicats de TAP restent vigilants : « Nous ne céderons pas à une vente à rabais, a prévenu Maria Costa, déléguée syndicale. Nous exigeons des garanties sur les salaires et les conditions de travail. »

Cette privatisation est suivie de près par les autorités de la concurrence européennes, qui pourraient imposer des remèdes pour éviter une concentration excessive sur les liaisons transatlantiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale