L'Organisation internationale du travail (OIT) a franchi une étape historique en adoptant le premier traité international spécifiquement dédié aux travailleurs des plateformes numériques. Cette décision, prise lors de la conférence annuelle de l'OIT à Genève, vise à offrir une protection sociale et juridique à des millions de travailleurs souvent précaires.
Un cadre juridique inédit
Le traité, négocié pendant plusieurs années, établit des normes minimales pour les conditions de travail, la rémunération et la sécurité sociale des personnes exerçant via des plateformes comme Uber, Deliveroo ou Fiverr. Il reconnaît notamment le statut de salarié pour de nombreux travailleurs, leur donnant droit à des congés payés, une assurance maladie et une protection contre le licenciement abusif.
Réactions contrastées
Les syndicats ont salué une avancée majeure, tandis que les entreprises de plateformes critiquent un texte qui pourrait nuire à la flexibilité de leur modèle économique. Certains pays, comme les États-Unis, n'ont pas encore signé le traité, ce qui limite sa portée mondiale.
Prochaines étapes
Le traité entrera en vigueur après ratification par au moins deux tiers des États membres de l'OIT. Les experts estiment que cela pourrait prendre plusieurs années, mais le signal politique est fort : les travailleurs des plateformes ne sont plus invisibles.
Cette adoption intervient dans un contexte de multiplication des contentieux dans plusieurs pays sur le statut des travailleurs des plateformes. L'OIT espère que ce traité servira de référence pour harmoniser les législations nationales.



