Mercato: la Premier League au bord de la crise, alerte le Telegraph
Premier League: la folie des transferts inquiète

Les clubs de Premier League ont dépensé plus de 4 milliards d’euros lors du mercato d’été, un montant record financé par un endettement sans précédent. Cette frénésie d’achats inquiète dirigeants et économistes, qui évoquent une « crise de crédit » imminente et comparent la situation à la crise des subprimes de 2008, selon une enquête du Telegraph publiée jeudi.

Des dépenses record financées par la dette

Les clubs anglais ont bénéficié de droits TV mirifiques de 7,82 milliards d’euros sur le cycle 2025-2029, mais cela ne suffit pas à financer leurs emplettes. Les quelque 3,5 milliards de livres sterling dépensées (un peu plus de 4 milliards d’euros) ont été financés par un endettement plus important que jamais, écrit le quotidien britannique.

L’inflation des prix des joueurs est flagrante : Liam Delap a été transféré pour 30 millions d’euros, Illiman Ndiaye pour 75 millions d’euros, et l’option d’achat de Mudryk atteint 87 millions d’euros. Les cadors s’échangent à plus de 100 millions d’euros. Ces montants, jugés excessifs pour des joueurs « mid », commencent à alarmer en Angleterre.

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Une crise de crédit « se profile »

Les clubs anglais, comme partout en Europe, manquent de liquidités et financent ces opérations par des crédits. La conjoncture économique est défavorable. « Le crédit privé lui-même subit des pressions croissantes, entre la perception d’une bulle de l’IA et la hausse extrêmement préoccupante des rendements obligataires mondiaux », souligne le Telegraph.

Un président de club confie qu’une « crise de crédit se profile ». Plusieurs dirigeants directement impliqués dans les deals se disent « choqués et inquiets ». Une source du journal évoque une situation de « folie totale » et un marché désormais « hors de contrôle », au point de comparer ce qui se passe avec la catastrophique crise des subprimes de la fin des années 2000.

Le foot, une valeur refuge volatile

Le football anglais pourrait être autosuffisant, mais il a laissé entrer des capitaux étrangers, notamment américains, comme des assurances et des fonds de pension, poussant toujours plus loin l’escalade des prix. Perçu par certaines grandes fortunes comme une valeur refuge, « une classe d’actif non corrélée aux fluctuations » de l’économie mondiale, le foot n’en reste pas moins un secteur très volatile.

Les signaux d’alarme sont là, alertent économistes et dirigeants sensés. « Et pourtant, la bulle continue de grossir, alimentée par la cupidité », regrette une autre source haut placée auprès du Telegraph. La conclusion est assez fataliste : « Tout cela va s’effondrer. Et quand ce sera le cas… »

Cette mise en garde intervient alors que la Premier League continue d’attirer les plus grands talents mondiaux, mais la soutenabilité financière du modèle est de plus en plus remise en question. Les prochains mois pourraient être décisifs pour l’avenir du championnat anglais.

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