Christian Nègre coach sous fausse identité après 300 victimes
Christian Nègre coach sous fausse identité

L’ancien DRH du ministère de la Culture, Christian Nègre, accusé d’avoir drogué près de 300 femmes, exercerait comme coach RH à Paris sous une fausse identité, a révélé le groupe EBRA ce jeudi 3 septembre 2026. Sur son CV en ligne, consulté par nos confrères, il se présente comme « Bernard Genre » et met en avant « plus de 25 ans d’expérience », sans mentionner son passage au ministère de la Culture.

Une activité de coach sous un faux nom

« J’aime créer un espace d’accompagnement bienveillant et stimulant où chacun construit sa démarche de réussite dans la confiance et le pragmatisme », précise le sexagénaire dans ce document. Il propose ses services de consultant management et RH sur le site de la société 3R Consultants, un cabinet de conseil fondé en 2004 et basé à Paris. Une capture d’écran du site le montre en photo au milieu d’un trombinoscope d’autres intervenants.

Le fondateur du cabinet, Willem Royaards, a indiqué au quotidien régional avoir suspendu son intervenant « par mesure de précaution ». Une décision définitive sera prise après un examen « plus en profondeur » de la situation.

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Des collaborations déjà interrompues

Fin 2025, Ouest-France avait déjà relevé que l’ancien haut fonctionnaire avait donné des cours dans plusieurs écoles de commerce du Calvados. Les établissements concernés avaient mis fin à la collaboration avec l’ex-DRH du ministère de la Culture sitôt qu’ils l’ont appris.

Christian Nègre est en liberté sous contrôle judiciaire. Dans l’attente d’un jugement, il est présumé innocent.

Une affaire de grande ampleur

Christian Nègre a été mis en examen en 2019 pour avoir administré à l’insu de près de 300 femmes un puissant diurétique afin de les contraindre à uriner devant lui lors de processus de recrutement ou d’entretiens professionnels. Les faits reprochés s’étalent sur une période allant de 2009 à 2018.

L’enquête, qui a débuté à Metz, a mis au jour un fichier recensant 181 entretiens avec des femmes, dans une clé USB appartenant à Christian Nègre. Le document Excel, baptisé « Expérience P », mentionnait selon BFMTV le type de diurétique utilisé, l’heure d’administration et des détails physiques concernant les victimes.

Au fil des mois, des années, ce sont près de 250 femmes qui se sont signalées auprès des associations de victimes ou de la justice. L’affaire a été révélée après qu’il a été surpris en juin 2018 en train de photographier les jambes d’une sous-préfète sous une table. Il a été définitivement révoqué de la fonction publique au début de l’année 2019.

Un procès toujours attendu

Six ans après sa mise en examen, l’instruction se poursuit et les victimes attendent toujours l’ouverture de son procès criminel. Le 10 septembre, plusieurs d’entre elles rencontreront l’un des juges dans l’affaire pour faire le point sur l’enquête.

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