Cotignac se relève après l'incendie du Gros Bessillon
Cotignac se relève après l'incendie du Gros Bessillon

L'incendie du Gros Bessillon, qui a ravagé le massif varois durant l'été 2026, a laissé des traces profondes à Cotignac. Le bilan est lourd : 27 maisons ont été totalement détruites. Le village, dont l'économie repose sur le tourisme, panse ses plaies et tente de se reconstruire.

Un été marqué par le feu et la canicule

Le feu s'est déclaré le mardi 21 juillet 2026. Il a été fixé le 7 août, maîtrisé le 11 août et enfin éteint le 18 août. Pendant près d'un mois, les habitants ont vécu au rythme des flammes. Le maire de Cotignac, Jean-Pierre Véran, décrit un « véritable désastre pour la commune » : « Il a impacté l'ouest du village, plusieurs maisons ont été détruites. La partie la plus touchée se trouve autour du sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, du chemin du Castellas, puis jusqu'à Correns et Montfort-sur-Argens. »

Pour les habitants, le choc est immense. Christine, attablée à une brasserie du cours Gambetta, confie : « Le feu a été un vrai choc pour nous tous. Nous nous sommes sentis vulnérables et le pire était là devant nous. Que se serait-il passé si les flammes avaient atteint le cœur de Cotignac ? » Isabelle, assise en face d'elle, ajoute : « Notre village est reconnu dans le monde entier pour sa beauté, et maintenant, regardez dans quel état il est. »

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Une saison touristique en demi-teinte

La fréquentation touristique a chuté dès le mois d'août. Cyril, un habitant, estime : « Le feu a rapidement réduit le nombre de touristes au sein du village. Il y avait, dès août beaucoup moins de monde dans les rues, les restaurants, sur les terrasses, parce que le feu était là à notre porte. » Le maire nuance toutefois ce constat : « Ce qui a tué notre saison, ce n'est pas le feu. C'était cette interminable canicule. »

Malgré tout, le marché estival a retrouvé une certaine dynamique. Jean-Pierre Véran anticipe la reconstruction : « Il y a beaucoup à faire dans les massifs et auprès de tous les acteurs de la commune pour que cette saison estivale en demi-teinte soit un lointain souvenir. » Il vise notamment « les ailes de saison ».

Le sanctuaire épargné, les vignes sinistrées

Le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces, qui surplombe le village, a été intégralement encerclé par les flammes. Sa survie n'a tenu qu'à la persévérance des pompiers et des volontaires. Ludovic et Sandie, venus en vacances depuis la Drôme, n'en reviennent pas : « Ça a brûlé tout autour, mais le lieu est encore intact. C'est triste de voir tous ces paysages meurtris. »

Le secteur agricole est également durement touché. Les vignes présentent des feuilles jaunies par la chaleur, et les grappes pourrissent sur pied. Le produit retardant épandu pour lutter contre les flammes ou les fumées ont eu raison des récoltes, laissant les domaines sinistrés. Au Castellas, les stigmates sont encore bien présents : poteaux électriques fendus, câbles qui traînent, et le noir de la désolation à perte de vue.

Christine et Isabelle restent optimistes : « La nature va reprendre ses droits, et les touristes seront de retour. »

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