À quelques semaines d'une possible extinction du dispositif d'encadrement des loyers, la Fondation pour le Logement, anciennement Fondation Abbé Pierre, publie son sixième baromètre. Montpellier fait figure de bon élève avec seulement 12 % des annonces analysées dépassant le plafond légal, un chiffre parmi les plus bas des territoires étudiés. À l'échelle nationale, la situation est bien moins favorable : 37 % des annonces dépassent les plafonds, soit cinq points de plus qu'en 2025 et neuf de plus qu'en 2024.
Des disparités marquées entre les villes
Le baromètre, réalisé à partir de plus de 10 000 annonces diffusées entre août 2025 et août 2026, révèle des écarts significatifs. Bordeaux affiche 17 % de dépassements, Lille 25 %, Lyon-Villeurbanne 26 %. Au Pays basque, la proportion atteint 30 %, contre 43 % à Grenoble. La situation se dégrade particulièrement à Paris, où la part des annonces dépassant le plafond est passée de 31 % à 46 % en un an. En région parisienne, elle atteint 36 % à Est-Ensemble et 61 % à Plaine-Commune.
Autre constat : les dépassements sont plus fréquents, mais leur montant diminue. Le surplus moyen demandé est passé de 192 euros à 159 euros en un an.
Comment fonctionne l'encadrement des loyers ?
L'encadrement des loyers concerne les logements loués comme résidence principale, ainsi que certains logements meublés loués temporairement dans le cadre d'un bail mobilité. Ce contrat, d'une durée de 1 à 10 mois, s'adresse notamment aux étudiants, stagiaires ou salariés en mission. Dans la plupart des communes situées en zone tendue, le propriétaire ne peut pas augmenter librement le loyer lors d'un changement de locataire ou du renouvellement du bail.
Dans certaines villes, dont Montpellier, une règle supplémentaire s'applique : le montant du loyer lui-même est plafonné à partir de loyers de référence minoré et majoré. Selon Service-Public.fr, ce dispositif concerne notamment Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, une partie de Grenoble-Alpes Métropole et plusieurs communes du Pays basque. Un propriétaire qui ne respecte pas le plafond peut être sanctionné d'une amende allant jusqu'à 5 000 euros, voire 15 000 euros pour une personne morale.
Le dispositif menacé d'extinction
Le dispositif est aujourd'hui appliqué dans près de 70 communes. Il doit prendre fin en novembre 2026 si aucune nouvelle loi n'est adoptée d'ici là. Selon la Fondation pour le Logement, sa prolongation doit être examinée au Sénat en octobre. L'association demande à la fois sa pérennisation et un renforcement des contrôles.
« Nos chiffres montrent qu'au-delà de l'enjeu essentiel de la pérennisation du dispositif, il est impératif de faire respecter son application », estime Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement. Le sort de l'encadrement des loyers repose donc sur les décisions parlementaires des prochaines semaines.



